Désert, plov et monuments épatants : de Denov à Nukus, voici l’Ouzbékistan

Du 5 au 30 septembre 2017

Dernière étape d’Asie centrale, l’Ouzbékistan et ses villes au passé prestigieux, carrefours importants de la route de la soie, regorgeant de monuments construits par leurs gouverneurs afin de montrer aux visiteurs leur richesse et leur puissance. On a hâte de voir tout ça de nos yeux.

Mais avant, il faut passer la frontière !

Nous choisissons d’entrer dans le pays par la frontière qui se situe au niveau de Douchanbé (côté tadjik). On campe quelques kilomètres avant le poste et on y est donc à l’ouverture. On sait qu’elle peut être très longue à passer, car il faut déclarer tout ce qu’on possède, puis les gardes se réservent le droit de fouiller toutes les affaires et même de lire nos clés USB et cartes mémoires d’appareil photo, pour vérifier qu’on n’apporte pas dans leur patrie des contenus interdits. Après remplissage des différents papiers, on passe les sacoches dans le scanner (en croisant les doigts pour que notre gaz ne soit pas repéré et éventuellement confisqué), puis on a droit à la fouille en règle.

Heureusement, on commence par la sacoche « trousse de toilette et à pharmacie », beaucoup trop fournie au gout d’Anabelle qui la porte (sachant qu’à ce jour on a utilisé 1/20 des produits qu’elle contient) qui occupe notre bonhomme pendant bien une demie heure (il déballe chaque médoc, ouvre les boites, sent les crèmes…). Après ça, il n’est plus trop motivé pour tout fouiller (il en reste 11;)) et il en ouvre juste deux, puis nous fait confiance pour les autres. Cool, le gaz est passé ! Entre temps, il a quand même visualisé une partie de nos photos, et nous a demandé pourquoi on avait des préservatifs. Euh… à ton avis ? On te fait un dessin ? Il nous fait la leçon : quand vous rentrerez chez vous, plus de ça, hein ?

O_O

Une entrée dans le pays torride

Nous mettons 7 jours pour rallier Samarcande. Sur le chemin, des champs de coton, de petites villes, et pas mal de désert. Un désert plutôt joli, en vérité, car très vallonné. Nous qui croyions que l’Ouzbékistan était tout plat, on s’est bien fourvoyés ! Mais ça ne nous dérange pas trop : le désert plat aurait été trop monotone. Les premiers jours, on a vraiment chaud, et on a du mal à pédaler de 11h à 15h. Les jours suivants, on se fait donc de bonnes pauses de midi à 15-16h, dans de petits restos (des « ochkhona », comme on dit ici) autour d’un plov et de thé, souvent sur des tapis autour d’une table basse posée sur une estrade. Ça nous permet de nous allonger pour une petite sieste de temps en temps. 🙂 Lors de ces bonnes pauses au resto, les gens viennent souvent nous parler, nous demandant d’où on vient, combien de kilomètres on a fait, si on aime l’Ouzbekistan,… C’est vraiment rigolo de constater que depuis le début du voyage, ce sont toujours les mêmes questions, et que souvent, les gens ont envie de savoir qu’on aime leur pays. Beaucoup nous demandent même quel pays on préfère. La plupart d’entre eux ne parle pas anglais. Du coup, parfois, ils nous passent quelqu’un au téléphone, et on se retrouve un peu dépourvus au bout du fil, ne sachant quoi dire à la personne qu’on n’a pas en face de nous…

Ouzbékistan

Ouzbékistan
Combien comptez-vous de ces drôles de bébêtes ?

Ouzbékistan

img_20170826_135158179340315.jpg
le fameux plov 🙂

Ouzbékistan

Ouzbékistan

Un jour, Yusuf, un professeur de français s’invite à notre table. Il a entendu par les autres clients que nous étions français (les nouvelles vont très vite :)), et est donc venu faire un brin de causette, évidemment accompagnée de vodka. Difficile de refuser le premier verre, et même le deuxième pour Loris. Heureusement, comme on lui explique qu’on a encore de la route, et que ça va être difficile par cette chaleur, il n’insiste pas trop non plus (Ajout de Lolo : enfin, disons qu’après le 3ème verre de Loris et son 5ème personnel, la bouteille est finie, ce qui fait qu’il n’insiste plus 😉 ). Son voisin nous rejoint, et on rigole bien tous les 4. Yusuf (Joseph en français) fait le traducteur, mais son français reste quand même approximatif, ce qui nous surprend pour un professeur ! Il nous dit qu’il a traduit 2 bouquins en ouzbèque, dont un de Georges Sand ! On aimerait savoir à quoi ça ressemble 🙂 Bref, tous les deux sont bien saouls, racontent des blagues, et nous invitent à venir passer quelques jours chez eux, ils tueront un mouton en notre honneur, ça sera super. Comme on ne peut pas cette fois, ils nous font promettre de revenir, nous donnent adresse et numéro de téléphone pour qu’on puisse les contacter à notre prochain passage en Ouzbékistan. Une rencontre vraiment sympa !

Ouzbékistan
Yusuf, au centre, entouré de Loris et du voisin « Mercredi » (Chorshanbé чоршанбе en Ouzbèque)

Côté repas, l’Ouzbékistan, comme le reste de l’Asie centrale, c’est le pays de la viande et du gras. Même les amateurs de bidoche en ont marre de manger tous les jours des « shashliks » (brochettes) ou des samsas dégoulinants de graisse de mouton. Du coup, on se rabat la plupart du temps sur du plov, ce riz aux carottes et ognons bien arrosé d’huile, que l’on peut commander sans viande, et qui est souvent servi avec une salade de tomates-concombres. C’est généralement très bon, mais un peu répétitif. Quand il n’y en a pas, on sort notre Gépalémo et on montre des légumes, du riz, des oeufs. On arrive toujours à s’en sortir, mais on ne peut pas dire qu’on se fasse plaisir sur les repas.

Comme on campe dans le désert, on ne se cache pas trop, car il n’y a personne. Sauf qu’en fait, si. Car bien qu’on ne voie pas un brin d’herbe sur des kilomètres, beaucoup de gros troupeaux de moutons et de chèvres sillonnent la région. On se demande comment ils survivent ici, sans eau et avec les pauvres buissons desséchés qui trainent dans le coin pour seule pâture. Leur berger, la plupart du temps à dos d’âne, n’est pas toujours avec eux, mais jamais trop loin non plus. Plusieurs fois, l’un d’eux vient nous voir au bivouac et on discute un peu. On est surpris d’apprendre que souvent, ils ont fait des études (d’histoire, d’art, de psychologie…) mais il n’y avait probablement pas de débouché, puisqu’ils sont devenus/restés bergers.

DSC08391

36662150464_f06663da6a_k
Le désert c’est dur, mais, même si ce n’est pas notre paysage préféré, ça donne de sacrés coins de bivouacs

Des villes éblouissantes

Avant Samarcande, on passe à Shakhrisabz, lieu de naissance d’Amir Timur, alias Tamerlan. C’est un peu le héro national des Ouzbèques, car c’est sous son règne qu’ont été édifiés la plupart des monuments de Samarcande. C’était aussi un souverain cruel qui a conquis un immense territoire allant de la Turquie orientale à la Chine (non comprise), en passant par la Perse.

Shakhrisabz comporte plusieurs monuments à la gloire de Timur, mais nous ne les visitons pas, on file vers Samarcande.

Ouzbékistan
L’influence soviétique se ressent toujours dans les parcs en Ouzbekistan…

Ouzbékistan

Mais avant d’arriver à Samarcande, il y a un bon petit col !

Ouzbékistan

Ouzbékistan

Ouzbékistan
Un bivouac avec un gros jouet

Là-bas, on se prend 3 jours pour avoir le temps de visiter sans y passer des journées complètes, car c’est en général plus fatigant de visiter que de pédaler. On visite donc le matin, et on se repose l’après-midi. Au programme : la mosquée Bibi Khanum (du nom de l’épouse de Timur), le Shahi-Zinda, ensemble de mausolées de hauts personnages politiques et religieux, un lieu très saint pour les musulmans, le cimetière de Samarcande au travers duquel on passe pour aller au musée archéologique, et bien sûr, le Registan, « place sableuse » en tadjik, autour de laquelle sont construites trois immenses et somptueuses madrasas, des écoles islamiques. On est éblouis par cette beauté architecturale, par les mosaïques et carrelages dans les tons bleus, on en prend vraiment plein les yeux. On est quand même contents de pouvoir voir des photos datant du début du XXème siècle, avant les grosses restaurations, car tout est pratiquement refait à neuf, et il est parfois dur de s’imaginer comment c’était avant (ce qui restait). On est un peu partagés à ce sujet : les restaurations ont été beaucoup critiquées car ne respectant parfois pas tout à fait le monument d’origine, ou parce que certains trouvent que ça fait faux et perd son charme, et c’est vrai que chez nous, on ne restaure pas les édifices historiques de cette façon, en refaisant tout à neuf. On a plus l’habitude de voir des ruines, et des reconstitutions en maquettes ou en images de synthèses pour imaginer comment c’était avant. Ici, c’est un peu l’inverse. Mais il faut avouer que c’est tellement beau qu’on a du mal à se dire qu’il ne fallait pas le faire.

Ouzbékistan
L’entrée du mausolée de Timur

Ouzbékistanle mausolée de Timur (pas mégalo, le gars)

Ouzbékistan
le Shahi-Zinda

Ouzbékistan

Ouzbékistan

Ouzbékistan

Ouzbékistan

Ouzbékistan
le cimetière de Samarcande, vue sur le Shahi-Zinda
Ouzbékistan
La mosquée Bibi Khanum (du nom de l’épouse chinoise de Timur)
Ouzbékistan
Ici, en cour de reconstruction restauration
Ouzbékistan
la même avant restauration
Ouzbékistan
le fameux Registan, de jour…
Ouzbékistan
et de nuit

Ouzbékistan

Ouzbékistan

Ouzbékistan
Intérieur de la mosquée « couverte d’or ». On ne comprend pas trop d’où elle tire son nom…
Ouzbékistan
Ici, on apprécie de voir comment c’était avant restauration

Au musée, situé à côté de la colline d’Afrosiab, on apprend plein de choses en se fondant dans la visite d’un groupe de français. Être en Ouzbékistan en septembre, c’est y être en même temps que la plupart des tours organisés, car le climat y est plus supportable qu’en juillet-août. Mais l’avantage de cet afflux de touristes, c’est qu’on arrive souvent à profiter des explications en français d’un guide. 🙂 On apprend alors que le nom originel de Samarcande était Afrosiab (dans l’Antiquité), et qu’elle a été déplacée après les nombreuses mises à sac de la ville. L’ancien site est maintenant en grande partie enfoui, et le siège de grosses fouilles archéologiques. On y a découvert notamment une fresque datant de l’Antiquité, avant l’arrivée de l’islam, alors que Samarcande était habitée par les Sogdiens, et que la religion était le zoroastrisme. Avec les explications en français, c’est super intéressant !

Ouzbékistan
la fresque retrouvée à Afrosiab, datant de l’Antiquité

Le côté dommage de Samarcande (qu’on avait déjà découvert à Shakhrizabz), c’est la volonté de cacher la ville (et ses habitants) du quartier historique : on a rasé une partie de cette dernière pour faire un parc et une grande rue piétonne avec des boutiques de souvenir, et on a construit un mur pour la séparer du quartier rénové. Il est toutefois possible d’y accéder, et la porte passée, on se retrouve dans un quartier populaire et vivant !

Ouzbékistan
En Asie centrale, les enfants ont tous un uniforme de ce style pour l’école (avec cravate pour les garçons !). Au début, on ne savait pas à quoi servaient ces sortes de « fleur de douche » blanche qu’on voyait partout dans les bazars. Dès la rentrée des classes, on a compris !

Après Samarcande, on reprend la route, direction Boukhara. Du désert, encore du désert, toujours du désert. Après 2 jours à galérer pour trouver de l’eau et de la nourriture, on décide de rejoindre la grosse route, moins agréable pour pédaler, mais au moins on aura à boire et à manger sans problème.

23519066338_5a164e4a56_k
C’est vaste, désert, et plat…
36662169774_1253f6ecf8_k
Si, c’est plat !
37341052932_1342bee626_k
Le seul point d’eau de la journée, une source utile à tout les bergers du coin, dont un des chiens viendra mordre la sacoche de LoLo alors que nous repartons – résultat : la sacoche a gagné, achetez Ortlieb ! 😉 ). Ça filtre lentement…
37323548046_47b3a2a1c8_k
…vraiment lentement ! Mais ça permet aussi de profiter de la seule zone d’ombre de la journée !

Le premier soir après Samarcande, on est en train d’installer la tente quand on se fait inviter par un jeune fermier qui insiste pour qu’on vienne dormir chez lui. L’accès n’est pas facile, il nous faut traverser son champ de pastèque, et c’est que ça pique ! Sa femme et lui vivent ici l’été dans une toute petite maison en terre (5m2 environ), ils ont le canal d’irrigation comme point d’eau, et leur lit est une centaine de mètres plus loin, au milieu du champ ! On dine ensemble, en communiquant comme on peut, et c’est l’occasion d’apprendre que pistache en ouzbèque se dit « pista ». Cool ! Un nouveau mot facile à retenir ! A la fin du repas, comme souvent depuis qu’on est en Asie centrale, on fait l' »Oumine », geste de remerciement à Dieu pour le repas. On se passe les mains sur le visage puis on les joint en geste de prière. Bien qu’on ne soit pas croyants, on aime ce geste gracieux et bienveillant qui exprime la gratitude à la fin d’un repas.

DSC08380
Maftouna, Sober et Loris, dans la petite maison en terre qu’ils se sont construit au milieu de leur champ, où ils passent l’été.
DSC08378
Pas la place d’y mettre un lit. Il est donc plus loin, au beau milieu du champ !
36662252594_67f7bd6ca8_k
Voilà, ici 😉

Un jour, après 70km de désert on tombe sur une petite ville. Et c’est jour de marché, ce qui draine probablement la population à 50km à la ronde. C’est donc bondé. Anabelle part faire les courses et laisse Lolo garder les vélos. Quand elle revient, il est noyé au milieu d’une foule d’au moins 50 personnes attroupée autour de lui et des vélos ! Les curieux lui posent pleins de questions (en ouzbek ou en russe bien sûr). L’un d’eux lui passe son frère au téléphone qui parle anglais. Il lui indique que le propriétaire du téléphone veut l’inviter à manger. Cool, c’est justement l’heure ! Sauf qu’il habite à 30 bornes en rebroussant chemin… Tant pis alors, on décline l’offre. Un policier vient, et disperse les badauds pour nous libérer le passage, et aussi pour être au premières loges pour admirer nos vélo et nous poser quelques questions ;). Nous apprécions tout particulièrement ce genre de moments, comme notre accueil chez Maftouna et Sober , car pour la première fois depuis notre départ, nous sommes un peu làs de la route. La redondance du paysage et la dureté du climat, le manque d’eau et de ravitaillement en nourriture potable, nous pèsent un peu. La bonne humeur, l’accueil des gens, leur enthousiasme et leur curiosité nous réconforte vraiment !

À Boukhara, on se promène toute une journée dans la vieille ville, qu’on trouve vraiment charmante avec ses bâtiments en terre battue, ses madrasas un peu partout, ses bassins. Cette fois, on n’entre pas dans tous les monuments, on se contente de les observer de l’extérieur, ce qui est déjà pas mal ! Ici, on apprécie que la ville n’ait pas été détruite autour des monuments. Au détour d’une ruelle, on tombe sur une madrasa avec une inscritpion en français à l’entrée. Il s’agit en fait du siège d’une association de promotion du français à Boukhara, un endroit très agréable, où sont donnés des cours, et organisées des activités culturelles autour du français (théâtre, danse, cuisine). Dans cette ville, on entend en effet beaucoup de commerçants ou de guides parlant français, et cette association les aide à progresser. La madrasa qui l’abrite est la plus petite d’Asie centrale (pas vraiment le genre de truc dont on se vante habituellement dans le coin 😉 ). Elle a été restaurée par un architecte local avec l’aide d’une association de restauration française, et c’est vraiment bien fait. Malheureusement, la gérante du lieu nous explique qu’à cause d’une nappe phréatique salée située sous la ville, l’ensemble des bâtiments se dégrade extrêmement vite et des travaux d’entretien seraient à faire tous les ans : on peut déjà voir pas mal de fissures dans les murs.

DSC08480
On a été surpris de voir plusieurs fois le nom de Loris comme enseigne de restaurants. On a demandé ce que ça signifiait et tadaaam : « diamant » ! Classe, non ?

DSC08478

70233-01

DSC08451

DSC08430

DSC08424

37370723721_ac89568ea0_k
La rencontre d’Anabelle avec Nasreddine, le fameux héros de contes persans. Un grand moment !

 

DSC08406
La plus petite madrasa de toute l’Asie centrale !

 

DSC08409
Le Tchor Minor (« quatre minarais ») qui apparait au coin d’une ruelle.  La ville a gardé beaucoup plus de vie qu’à Samarcande aux alentours des monument, ce qui la rend beaucoup plus plaisante.

70204-01

36662080454_3d444d5ddc_k
Quand cette porte aurait été détruite sans ménagement à Samarcande, ici, même 60cm sous le niveau de la rue, elle est encore debout !

Le dernier soir, nous le passons chez une hôte Warmshowers (la seule d’Ouzbékistan hors de la capitale) : Kharima. Elle est prof d’anglais (son anglais à elle est impeccable) mais a plein d’autres projets : voyager à vélo, se former à la pédagogie en Europe, et monter une guest house (ça rapporterait plus qu’être prof). Elle nous demande d’ailleurs des conseils pour le nom à lui donner. En effet, il ne faut pas se tromper, car les autorités peuvent refuser d’accorder l’autorisation pour s’installer si le nom ne leur convient pas. C’est que ça rigole pas, ici. Elle nous explique aussi que le mois prochain (le mois d’octobre) est consacré au ramassage du coton, et que les étudiants, les profs, et les élèves à partir du collège/lycée sont mobilisés. De ce qu’on a compris, ce n’est pas exactement obligatoire, mais ils sont payés pour le faire (et ne reçoivent donc pas d’autre salaire ce mois-là), et l’ambiance y est un peu festive (a priori, c’est un peu comme les vendanges chez nous), donc la majorité des gens y va. Disons donc que ce n’est pas obligatoire, si on n’a pas besoin d’argent (1)… En parlant du coton, on a évidemment longé d’immenses plantations lors de notre trajet. En effet, l’URSS a voulu faire de l’Ouzbékistan un gros producteur de coton. Pour l’irriguer, le cours de l’Amou Daria a été dévié. Or, celui-ci était la principale alimentation de la mer d’Aral, ce qui a eu pour effet son assèchement. Une catastrophe écologique et économique pour cette région (2).

Avec Kharima et sa maman, nous préparons des mantis au potirron. Ce sont des sortes de raviolis cuits à la vapeur. On est super contents parce qu’on peut rarement en manger, ils sont presque toujours à la viande. On a de la chance, on a dû tomber sur la seule famille ouzbèque qui n’en mange presque pas !

DSC08494

DSC08489

Le lendemain, on prend le taxi pour Khiva. On en a assez du désert ! On se fâche un peu avec l’hôtel qui nous avait réservé le taxi, car ils ont insisté pour le faire, arguant que ce serait plus pratique pour nous, moyennant évidemment une commission (c’est le jeu), mais ça se révèle une vraie galère pour partir. Le chauffeur attend en effet d’être payé pour 4 places, et nous en avons déjà payé 3 (avec tous nos bagages, il fallait en réserver une de plus), pas question d’en prendre une quatrième. Il faut donc que nous allions trouver un 4ème passager à la station de bus, et on nous met la pression plusieurs fois pour qu’on paye la dernière place. On tient bon et on trouve finalement quelqu’un au bout d’une heure. Pfiou. Nous sommes contents de ne pas faire la route en vélo. Elle est toute droite sur 300km, au milieu d’un désert tout plat, pas franchement intéressante.

A Khiva, on a réservé un hostel qui donne juste sur l’entrée de la vieille ville, porte Ouest. Comme on y arrive en fin d’après-midi, les couleurs sont magnifiques et on s’y promène un moment. Khiva constituait la dernière étape des caravaniers de la route de la soie avant de traverser le désert pour se rendre en Perse, elle a donc une histoire particulièrement riche.

Les deux jours suivants, on se balade dans l’Itcha Kala (la ville intérieure) que certains surnomment « la ville musée » car on y compte des dizaines de madrasas, mosquées, minarets et deux palais ! Elle est cependant encore habitée, mais comme elle est classée au patrimone de l’Unesco, les habitants ont obligation d’entretenir leurs maisons, qui sont donc recouvertes d’un enduit de terre nickel.

DSC08594

DSC08593

DSC08608

DSC08627

DSC08507

DSC08564

DSC08537

DSC08542

DSC08539

DSC08571

DSC08575

Le dernier soir, alors qu’on était monté sur la tour de guet de la forteresse pour admirer le coucher du soleil, on tombe sur Jill, une touriste américaine avec qui on avait passé plusieurs jours au Yeti hostel à Douchanbé, et qu’on avait recroisée à Boukhara ! C’est marrant comme d’étape en étape, on recroise les mêmes personnes. Jill a tendance à s’attirer les dificultés et nous raconte ses dernières péripéties. On rigole bien.

37114190630_170ba66973_k

Derniers coups de pédales Ouzbèques : de Khiva à Nukus

Il y a moins de 200 kilomètres jusqu’à Nukus où nous prendrons le train pour le Kazakhstan, mais on fait quelques petits détours pour aller voir de vieilles forteresses de terre posées ça et là dans les environs. Et puis on prend le temps, notre train n’est que dans 5 jours. Malgré des petits soucis matériels (comme un matelas dont la couture saute, pour la 2ème fois du voyage), une route dans un état moyen et le vent de face, on apprécie ces derniers kilomètres ouzbèques. On arrive tôt aux bivouacs, on cuisine, on se couche tôt et on se lève tard (plusieurs fois après 7h!!!), c’est agréable ! Il faut dire que depuis quelques jours, la température a fait un bond vers le bas, on se caille ! Pour pédaler, c’est super, mais le matin ou le soir, on empile les couches, et on ne les enlève qu’au bout de plusieurs kilomètres ! C’est marrant, ça nous rappelle le début de notre voyage, en Europe, où les journées étaient encore assez chaudes mais les nuits froides.

DSC08642
Une fourmilière géante au milieu du désert ? Non, une forteresse très ancienne, mais toujours debout
DSC08656
Un bivouac au pied d’une forteresse (ou ce qu’il en reste) millénaire, ça donne une ambiance très sympathique.
26538858559_c69bb3b6f7_k
L’autre grand paysage de l’Ouzbékistan après le désert : les champs de coton…

37341342332_2613a2d4d2_k

37596658114_8f6a39a79c_k
En pleine période de récolte, les montagnes blanches s’accumulent rapidement. Une des richesses, mais aussi le fléau du pays…

A Nukus, dur dur de trouver un hôtel, le seul avec des prix abordables étant en travaux. On se paie alors la chambre la plus onéreuse depuis le début du voyage ! L’Ouzbékistan nous aura couté cher, car il y a une obligation de s’enregistrer dans des hôtels environ une fois toutes les 3 nuits. En fait, à la frontière, on a à peine regardé nos enregistrements, mais bon, on ne voulait pas risquer des ennuis. On quitte le pays en train, pour un trajet de 26h qui nous amènera au bord de la mer Caspienne, à Aktau, au Kazakhstan. Un trajet pas de tout repos, car le train est bondé et plein d’enfants, mais correct quand même. Ce séjour en Ouzbékistan clôt notre passage en Asie centrale, riche et variée, et où les gens sont d’une hospitalité incroyable, mais qu’on est contents de quitter pour manger autre chose que des salades de tomates/concombre et du pain !

DSC08678
Brrr, ça caille !

En bonus, voici la retranscription d’un bout de dialogue qu’Anabelle a eu avec un jeune ouzbèque à Nukus, qui illustre bien le genre de conversations qu’on peut avoir sur la route :

Lui : Where are you from ?

Anab : France !

L : France ! Francia ! Fransuz ! Good !

A : Euuuuh, yes, fransuz.

L : Do you like Uzbekistan ?

A : Yes !

L : And which country of Central Asia do you prefer ?

A : Euh, difficult to say, we liked Kyrgyzstan and Tadjikistan because a lot of mountains, very beautiful, and we liked Uzbelistan because cities beautiful too. (Vous pouvez remarquer la haute qualité linguistique de cet échange : on a tendance à souvent parler par mots clés avec les gens qui ne parlent pas trop anglais, et du coup on continue avec les autres…)

L : And what about people ?

A : Everywhere very nice.

L : Ah. And what is cheapest ?

A : Er, I think similar (j’ai en tête « same same », comme ils disent en Asie du Sud-Est :)). Just in Uzbekistan hotels very expensive.

L : Is Kyrgyzstan cheaper ?

A : Yes, hostels are cheaper there. Are you kyrgyz ? (Il ne faut pas que je fasse de boulette en critiquant son pays d’origine, je ne veux pas le vexer.)

L : No, I never Kyrgyzstan, I see a documentary about Kyrgyzstan, it said it was cheaper. I am from here, Karakalpakstan.

A : Ah, ok.

L : You like Karakalpakstan ?

A : Euh… (comment te dire que ce n’est pas ma région préférée d’Ouzbekistan, il n’y a que du désert plat et cette ville moche où nous sommes actuellement) I just arrived, I don’t know it very well.

L ! And what about food ? Do you like our food ?

A : Er (cette fois je ne vais rien te cacher), to be honest, food is not what I prefer in Central Asia.

L : Ah ? Why ?

A : Because I don’t eat meat and there is a lot of meat in the food of central Asia.

L : Ah yes. So you don’t eat meat ? You are vegetarian ? Are you a bouddhist ?

A : No !

L : But what is the religion in France ?

A : In France, there are christians, muslims, jews.

L : I think there is more and more muslims, no ?

A : Euh, maybe.

L : Because in football teams, I see only muslims !

😀


Si vous voulez voir encore plus de photos de jolis bâtiments, c’est par là : album flickr 1 ou par ici : album flickr 2.

(1) Un petit cash investigation sur le sujet

(2) Cela faisait longtemps que nous n’avions pas mis une petite vidéo de Lennie et Mathieu (alias Professeur Feuillage) alors voilà !


3 réflexions sur “Désert, plov et monuments épatants : de Denov à Nukus, voici l’Ouzbékistan

  1. Coucou

    Je crois voir 3 bêtes sur la photo.

    Et je sais que vous avez écouté les conseils du douanier!!!

    Je pense même qu’on verra bientôt le fruit…enfin la petite pastèque!!!

    Merci de continuer vos articles. A bientôt pour la suite

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.