Vallée du Wakhan, pannes sur nos bécanes, dans nos cannes et dans nos crânes, mais on ricane !

Il y a un an, jour pour jour, nous quittions la vallée. Notre récit de la traversée de la vallée du Wakhan du 10 au 16 juillet 2017 :

Nous tournons à gauche, et sur quelques dizaines de mètres où l’on a encore de l’asphalte, on se plait à espérer avoir une piste potable. Mais nous sommes vite ramenés à la réalité avec une piste traumatisante, caillouteuse et cahoteuse, encore une fois, mais qui a une petite particularité en plus cette fois : elle est aussi sablonneuse. Cette vallée du Wakhan réputée pour son authenticité ne l’est pas pour sa « carossabilité ».

36936748645_1a956c6757_k
Une jolie piste comme on les aime 😉 dans un environnement beau mais pas franchement hyper accueillant.

Alors pourquoi vouloir corser la chose plutôt que de continuer sur la « tranquille » M41 ? Pour un peu plus d’aventure ? Sûrement. Pour découvrir une autre facette du Pamir ? Assurément ! Nous n’avons pour l’instant vu que les hauts plateaux désertiques de la région (quelques fois monotones quand ils ne sont pas sublimés par les montagnes alentour) , mais pas les vallées, dont il se dit depuis Alexandre Le Grand qu’elles sont verdoyantes et fertiles, et qui ont donné leur nom au Pamir. Pour rouler sur les pistes foulées jadis par les sabots des caravanes de Marco Polo ? Peut-être bien. Pour croiser plus de monde, dans les nombreux petits villages qui jalonnent la route (là où ils sont inexistants sur la M41) ? Incontestablement. Pour observer l’Afghanistan, contrée interdite qui attise donc peut-être encore plus les envies et les désirs des voyageurs, que nous pourrons presque toucher de l’autre coté du fleuve qui fait la frontière ? Peut-être qu’il y a un peu de ça aussi, même si on ne se l’avoue pas franchement. Et puis, si nous n’avions pas planifié grand chose avant de partir, c’est le seul bout de route que nous avions étudié, alors on n’allait pas le changer quand même ! Beaucoup de raisons conscientes ou non, nous ont donc poussés dans les sables de la vallée du Wakhan, et même si cela a été éprouvant, nous ne regrettons absolument pas !

36765806022_d5b6fe91fd_k
Bon, pour la vallée verdoyante, il reste un peu de route avant d’y arriver…

Après quelques kilomètres, où nous progressons péniblement sur la piste en faux plat montant, de plus en plus raide, il est temps de s’arrêter dans ce paysage plein de rochers éparpillés. Cela tombe bien, nous sommes proche d’un joli petit lac. Bien qu’il soit salé, comme tous ceux que nous croisons depuis hier, il fourmille de vie, habité par d’innombrables petites créatures rouges qui grouillent près des berges. Heureusement que nous avions pu faire le plein au puits du village à midi et que nous avions prévu une bonne réserve. C’est à ce bivouac qu’on regarde plus précisément la carte et que l’on s’aperçoit que l’on avait pas franchement prévu le col qui nous attend demain… On pensait en avoir fini, puisque nous descendrions la vallée. Mais une dernière difficulté nous attend donc. Et en voyant le nom du col, on se rappelle que certains cyclos russes croisés au début de la M41 nous avaient prévenus que cela serait probablement notre col le plus dur, avec beaucoup de parties ensablées, et point de ravitaillement en eau sur 70 km. On avait bien retenu pour l’eau, mais pas pour le col ^^.

36936768515_6f497ef04d_k
Pas top pour le biolite, mais quand même un chouette emplacement de bivouac.

Le lendemain, on repart donc sur-motivés pour notre dernier col du Pamir en pistes sableuse, qui s’élève à 4300m et quelques tout de même. Après 5 km plutôt bien négociés, les ennuis commencent. Les sacoches de LoLo se mettent à faire n’importe quoi, à cause des cahots de la route, ce qui nécessite une pause rafistolage (à base de duck tape et de vieilles chambres à air), pause qui dure finalement 1h. Anabelle en profite pour réparer sa chambre à air qui fuit depuis 3 jours suite à un pinçage de chambre à air en règle dans un nid de poule immergé. Nous arrivons ensuite sur une partie complètement ensablée, qui nous ralentit bien. Et quand ce n’est plus ensablé, la pente se corse carrément. Pour vous donner une petite idée de la difficulté de la chose, voila une petite phrase tout droit sortie de la bouche d’Anabelle, alors que nous sommes sur une portion avec une pente indécente (qui l’empêche de tenir sur sa selle !)  :  » Bon, qui est-ce qui a du sauc’ ?!? » ;). Autant vous dire qu’elle commence à craquer mentalement. Heureusement, avec nos encouragements, elle arrive à remonter en selle et à finir ce col dantesque.wakhan_36103275824_o.jpg

SONY DSC
Non mais sérieux les gars ?!? Ça se fait pas du 15% dans du sable !!!

 

 

wakhan_36129301683_o.jpg
Heureusement quand on a une gentille sœurette avec soi pour nous faire un petit massage relaxant, ça va vite mieux 🙂
SONY DSC
Enfin arrivés au col ! On devine les premiers sommets afghans au loin, derrière un lac salé.
wakhan_36937519085_o.jpg
Et c’est parti pour la descente, Youhouuuuuuuuuuuuuu !!!! Toujours dans un paysage sec et désertique, dominé au loin par les hauts sommets du Pamir Afghan.

Nous croisons plusieurs cyclos qui nous indiquent que nous n’avons pas fini de manger de la poussière… et nous leur répondons qu’ils n’ont pas tout a fait fini non plus, mais qu’il sont en bonne voie. Nous leur demandons si l’on pourra trouver un peu de ravitaillement à l’un des deux prochains villages, et ils ne semblent pas les avoir traversés… Hum… embêtant, mais on devrait quand même tenir jusqu’au premier village de la vallée. Heureusement, ils nous indiquent quand même une petite maison de berger un peu plus loin sur la route, dans laquelle ils ont dormi, et qui accueillerait les rares personnes à emprunter cette route. On devrait pouvoir y manger à midi et alors préserver un repas. Notons que nous ne mourrons pas de faim, nous avons toujours avec nous suffisamment de nourriture en surplus,  au cas où. Le « back-up » comme on l’appelle. Mais comme on est très pointilleux sur la bouffe, nous l’avons transporté depuis la Slovaquie, et nous l’avons finalement mangé à… Saint-Vincent :). Non, ce qui nous fait peur ici c’est de devoir manger du riz sans rien pour l’accompagner ! :D.

Quelque kilomètres plus loin, nous trouvons comme indiqué la masure de la famille de bergers. Enfin masure reste un bien grand mot… Il s’agit plutôt d’un ancien bunker en béton tout défoncé et tout tagué avec une toute petite fenêtre. On s’arrête, et ni une ni deux, on se fait inviter pour prendre le thé, en même temps que tout un groupe de locaux, qui voyagent en voiture d’Ishkashim (la plus grande ville de la vallée) à Murghab. L’un d’eux est, depuis les chaussures jusqu’au chapeau, habillé avec une tenu pamirie traditionnelle. Un couple, plus jeune, aurait tout aussi bien pu être croisé dans les rues de Paris. L’intérieur du bunker est plus chaleureux que l’extérieur, grâce aux nombreux tapis disposés par terre et sur certains murs, mais aussi grâce à l’hospitalité de nos hôtes. On nous offre le yaourt, du pain trop bon avec du beurre tout frais et du thé au lait. La faim commençait à se faire sentir et cela fait du bien ! Et en plus on a le droit de tremper notre tartine dans notre bol ! (d’habitude on nous regarde très bizarrement quand on le fait ^^). A l’aide du groupe de voyageurs, on apprend quelques mots de whaki. Ils sont fiers d’être whakis, et pamiris, avant d’être tadjiks. Grâce à une jeune fille portant un foulard coloré qui lui cache le bas du visage, parlant un anglais plus que correct, nous pouvons discuter un peu. Elle est en fait la nièce de nos hôtes et les a rejoints pour les vacances (Classique !). On apprend que cette famille de bergers vit uniquement là pour les 4 mois les plus chauds et redescend dans la vallée à Ishkashim pour « l’hiver ». Notre interlocutrice nous explique qu’elle fait des études d’histoire à Douchanbé et aimerait être… chauffeur ! C’est assez fréquent en Asie centrale que les jeunes fassent des études supérieures mais sans jamais trouver le boulot qui correspond à la fin. Il n’est pas rare de croiser un docteur en psychologie berger, un ingénieur qui tient une guesthouse, un expert en physique chauffeur de taxi…

Après le repas, on fait l’oumine (le geste religieux de remerciement pour le repas), puis on donne discrètement quelques dizaines de somonis à la nièce (le propriétaire des lieux aurait refusé) et nous repartons pour notre route infernale en même temps que les voyageurs, alors qu’une autre voiture s’arrête déjà :  c’est une étape obligée au milieu de cette rude route ! Après quelques kilomètre de descente, nous arrivons à ce que nous pensions être un village, qui est finalement une base militaire avec 4 cabanons. On s’arrête à une barrière (qu’on pourrait aisément contourner) qui nous barre la route, à coté de laquelle figure une cahute de garde vide. Comme on est sympas, on attend que la relève de la garde, qu’on a vue au loin, arrive. Trois militaires notent nos identités dans un petit cahier de brouillon (c’est moins high-tech que la Chine) et nous pouvons repartir. La route est toujours dure. Surtout que le vent s’est levé, et on l’a dans le museau comme tous les cyclos qu’on a croisés dans l’autre sens nous l’ont annoncé. Nous dégonflons un peu nos pneus afin de mieux flotter sur les longues parties ensablées, et d’avoir un peu plus d’amorti au milieu de la caillasse. C’est cependant une opération dangereuse car on augmente du même coup le risque de pincer nos chambres à air. Mais qu’importe, le jeu en vaut la chandelle tellement nos articulations, nos corps, sont traumatisés par cette épreuve. Nous rejoignons bientôt la rivière Pamir que nous allons longer jusqu’à sa confluence avec la Wakhan. De l’autre coté, l’Afghanistan. Et juste derrière à quelques kilomètres seulement le Pakistan, dont on peut probablement apercevoir certains sommets. Le fameux corridor du Wakhan, cette fine bande de terre, a été « donnée » à l’Afghanistan, qui a toujours résisté aux envahisseurs européens, lors de la période du grand jeu, car les deux grands empires coloniaux Russes et Anglais n’assumaient pas d’avoir une frontière commune. Ils avaient trop peur de se foutre constamment sur la gueule. On a encore du mal à savoir s’il s’agit d’une « sage » décision ou pas…

Le paysage est toujours désertique, la rivière ne permet pas encore l’émergence de végétation conséquente, seules quelques herbes très basses arrivent à pousser le long du cours d’eau. Les berges de la rivière sont blanches de sel sur plusieurs dizaines de mètres de large. Nous apercevons ça et là quelques tornades qui entrainent un mélange de sable et de sel.  Nous tombons un peu plus tard sur quelques dromadaires afghans qui paissent paisiblement les rares herbes de l’autre côté de la rivière, leur bosse si pleine qu’elle retombe sur le coté. On s’arrête alors pour une pause gouter, afin de détendre nos muscles et nos articulations traumatisés par les vibrations de la route. Nous contemplons le troupeau si proche, et pourtant inatteignable.

wakhan_36937354575_o.jpg
Les berges couvertes de sel permettent seulement à de rares herbes basses de pousser

 

 

Certaines petites fleurs font de la résistance !

SONY DSC
Certains y trouvent quand même leur compte

dscn1398_35956083634_odscn1399_36393725510_odscn1401_36743201476_o

Nous croisons très peu de monde. Les raisons de passer par ici sont maigres. Seulement quelques voitures du « Mongol Rally » arrivent dans l’autre sens, et un groupe de motards (qui doivent en baver aussi) nous double, mais nous ne croisons personne d’autre. Le soir, alors que l’on cherche un lieu pour le bivouac, après seulement 40km parcourus, nous faisons une rencontre un peu surréaliste. Deux hommes, la tête entièrement voilée pour se protéger du soleil, surgissent du bord du chemin, portant un gros poisson sur l’épaule. Ils viennent à notre rencontre, et surprise : ils parlent anglais. Ils accompagnent en fait un groupe de touristes en voiture et viennent d’aller leur pêcher un poisson pour le diner du soir. L’un des deux nous demande comment est la route en vélo, si ce n’est pas trop dur, etc. En fait il doit emmener un groupe de touristes en vélo sur cet itinéraire dans quelque semaines, mais n’ayant jamais parcouru lui même cette piste, il se pose des questions… Il est serein le gars ! Il demande s’il peut essayer un vélo pour se rendre compte, et il fait alors une dizaine de mètres avec Cisko. Il revient et nous dit :  » ah oui, ça va, c’est facile ! ». Nous voila donc tout rassurés pour ses futurs clients ;). Nous posons les tentes quelques mètres plus loin, au bord de la rivière, sur un épais matelas d’herbe douillette. Charlie, un anglais qui roule dans l’autre sens, nous rejoint et nous lui proposons de camper ici avec nous (il a l’air exténué !). Il accepte car il avoue être très fatigué. On imagine bien, déjà que en descente c’est hyper dur, alors faire cela en montée… Mais il s’excuse de ne pas être sociable car à peine sa tente montée, il se jette dedans et n’en ressortira que le lendemain matin. Nous nous profitons de la rivière pour prendre une bonne douche (malgré qu’elle soit à environ 5°C :-/ ) et faire une grosse lessive.

SONY DSC
Un joli petit coin pour bivouaquer

 

 

Le lendemain, on émerge tranquillement. Mais alors vraiment tranquillement, Loris et Anabelle n’ayant entendu le réveil à cause du bruit de la rivière… C’est Lucile qui les réveille 20 minutes plus tard ^^. Puis nous repartons pour la descente infernale. C’est toujours désertique, mais les rivières qui dévalent les flans des montagnes à notre droite, probablement depuis les immenses glaciers du Pamir, commencent à créer des lignes vertes dans l’immensité aux teintes marrons et jaunes. Et puis, quelques tours de roues plus loin, nous voyons… un ARBRE ! Cela faisait longtemps que nous n’en avions pas croisé et nous sommes plus que réjouis d’en retrouver :). Nous passons un coin indiqué comme un village sur openstreetmap sous le nom de « Rêve ». On se doutait que cela n’en était pas un mais c’est en fait un lieu de bivouac paradisiaque. Le Pamir que nous suivons (la rivière, pas la région, faut suivre 😉 ), coule maintenant au fond de gorges impressionnantes. En face, la route afghane semble encore plus périlleuse et dantesque que la nôtre. Au loin, nous apercevons de hauts sommets enneigés. Nous sommes contents de faire la route dans ce sens car nous avons la vue en permanence devant nous !

SONY DSC
Lever de lune sur paysage lunaire

 

 

Il faut cependant faire attention à ne pas tomber dans les nombreux pièges que nous tend la route. Comme nous sommes toujours à l’affut, scrutant la piste pour accrocher une trace de roue de voiture, sans tôle ondulée, une bande sans trop de cailloux, ni de sable, nous zigzagons sur la route de gauche à droite. Puis de droite à gauche. Mais avouons-le, on essaye tout, on espère que c’est mieux là où ou l’on va rouler, on se fait de grandes illusions, pour un résultat toujours identique : galère !  Puis la vallée commence à s’écarter, à s’ouvrir. A chaque coup de pédale, elle est un peu plus large et nous débouchons bientôt, malgré les nombreuses pauses « réparations de crevaisons », sur un plateau qui domine la vallée du Wakhan à proprement dite. C’est somptueux. Et vert, enfin !

 

 

wakhan_36540970490_o.jpg
Comment allons-nous traverser cette rivière ?
dscn1431_35956149744_o
Ah si, ça passe !
SONY DSC
Les rivières qui dévalent les pentes, seuls éléments qui amènent la vie

SONY DSC

 

 

wakhan_36128504673_o.jpg

Nous dominons la confluence entre le Pamir que nous suivions et la Wakhan qui forme ensuite la Piandj que nous suivrons donc ensuite (les rivières ont ici la particularité de changer de nom à chaque confluence au lieu de garder le nom de la plus grosse comme chez nous). Attends, quoi ?!? Mais pourquoi on dit qu’on est dans la vallée du Wakhan alors ? Bonne question… C’est parti pour la descente de folie, la pente s’accentue pour descendre dans cette vallée. Elle est bien sûr toujours entrecoupée de pauses réparations de pneus crevés, on est même en dèche de rustines… C’est chaud car on a encore beaucoup de route à faire et si l’on continue sur le rythme de ces derniers jours, cela risque d’être compliqué. Dans les champs, on voit des gens qui s’activent. C’est la période des moissons, et l’on commence à croiser pas mal d’ânes chargés comme des mules de fardeaux de pailles deux à trois fois plus gros qu’eux. Au village, on croise beaucoup de monde, et après plusieurs jours où l’on était perdus (presque) seuls au milieux de nulle part, nous sommes plutôt contents. Sur la route, beaucoup d’enfants jouent. Depuis les bords, beaucoup d’anciens regardent. Les maisons sont en pierres sèches ici (et plus en torchi comme avant dans le Pamir), en effet, il suffit de se baisser pour en avoir plein. Elles sont parfois recouvertes d’un enduit blanc. C’est charmant, surtout que ce village est une véritable oasis dans le désert ! Verdoyant, de nombreux cours d’eau dévalent ses pentes.

SONY DSC
Fouya ! Les rares voitures que l’on rencontre soulèvent un paquet de poussière. Si l’on regarde bien celle-ci, on peut apercevoir deux moutons sur le toit…
dscn1443_35956084814_o
Courage, petits ânes !

 

 

On croise trois cyclos allemands qui vont attaquer la montée et on les prévient que ça va être vraiment coton, les dernières épingles pleines de gravier sont hyper pentues. On leur demande aussi quelques rustines et ils nous filent généreusement une boite complète. Ouf, nous devrions pouvoir tenir le coup jusqu’à Khorog, notre objectif de l’autre côté de la vallée. Nous avons du mal à trouver le magasin du village, car il n’y en a que très peu par ici, et que la plupart (dans des conteneurs) sont fermés et affichent un numéro de téléphone à appeler. Loris et Lucile arrivent finalement à trouver une petite échoppe grâce aux indications des villageois et lui vident son petit stock de riz, seule denrée intéressante… Au retour, ils retrouvent Anabelle, qui attaquait la réparation d’une crevaison lente (encore !) au milieu d’un attroupement. Un des bonhommes cherche à l’aider. C’est sympa, sauf qu’il ne la laisse pas vraiment faire, il fait tout sans vraiment la consulter. « C’est à dire gadjo, tu crois qu’on est arrivé ici, qu’on a fait presque 15000 bornes sur des routes toutes pourries, sans savoir changer une roue ?! ». C’est un peu le problème quand tu répares dans un village, tout le monde veut aider alors qu’il n’y a pas forcément besoin et au final tu perds plus de temps que tu n’en gagnes. Loris arrive et lui prend la chambre et la rustine des mains, et il s’en va vexé…

Nous quittons le village pour essayer d’avancer avant la tombée de la nuit et se trouver une coin de bivouac tranquille, mais nous tombons alors sur un groupe de 4 cyclos, dont deux en tricycle (donc assis). C’est un groupe qui s’est formé sur la route composé de deux suisses, un français et un belge. On leur demande si leur bête monte bien les côtes, car on sait qu’ils vont bientôt arriver dans du très très dur et ils nous répondent que c’est quand même compliqué dès que cela monte… Bon ben bon courage les gars ;). Ils ne sont pas non plus stressés quand on leur annonce qu’il n’auront plus de point d’approvisionnement jusqu’à Alitchour : « C’est bon, on a des soupes desydrathées ». Décidément il y a vraiment tous types de cyclos… Pour nous, impossible de faire cela si nous n’avons pas un bon gueuleton qui nous attend le soir pour nous redonner des forces après une rude journée (même si à cet instant précis on commence à être en rade). Nous repartons et il commence à être tard pour réussir à vraiment sortir du village pour camper mais nous tombons encore sur un cyclo ! C’est fou, croiser huit cyclos dans un village de peut-être deux-cents habitants au fin fond du Tadjikistan :). On discute encore un peu et c’est vraiment foutu pour quitter le village. Heureusement nous trouvons une petite prairie quelques centaines de mètres après et nous nous y installons en contemplant la lumière du soleil couchant sur les cimes enneigés en face de nous. Chef LoLo arrive à nous cuisiner un superbe riz au dates et amandes caramélisées au miel en faisant les fonds de nos sacoches. Slurp !

SONY DSC
Encore un petit coin de bivouac sympa 🙂

SONY DSCSONY DSC

Le lendemain, pendant le petit dèj’, ou nous mangeons un duo de riz au lait (mais sans lait) car les « oats » s’amenuisent de jour en jour, et nous pouvons observer l’activité de la journée qui se met doucement en route. Les hommes, jeunes et moins jeunes, commencent à aller aux champs, faucilles à la ceinture. Puis une heure plus tard, les femmes et les enfants avec leur petit cartable sur le dos suivent, avec leur faucille et le pique-nique. C’est une activité qui se fait en famille, c’est sûr qu’à la faucille vaut mieux être nombreux, ça va moins vite qu’au tracteur. Un peu plus tard, les possesseurs d’ânes arrivent, afin de ramener la précieuse herbes sur leur dos. Entre tout cela, le bétail, accompagné de ses bergers qui nous regardent d’yeux surpris, vient paitre dans notre prairie. Moutons, chèvres et vaches se mélangent dans les troupeaux.

SONY DSC
Miam !

 

 

Nous roulons un peu mais, bien que nous soyons arrivés dans la vallée, la route n’est pas en meilleur état, et ce n’est pas forcément plat. C’est un peu dur et l’on se traine. Anabelle a retrouvé ses mycoses aux pieds et la grattouille devient parfois intenable, impossible de ne pas faire une pause pour se gratter. LoLo, de son coté, n’a point de jus. Chaque coup de pédale est une épreuve. Impossible de rouler à une allure correcte, il traine péniblement sa vieille carcasse et celle de Bucéphale sur la piste encore ensablée par moments. Les snickers n’y changeront rien, l’énergie l’a quitté pour une journée. En plus de la fatigue physique cumulée ces derniers jours, c’est probablement aussi mental car il est un peu frustré de na pas pouvoir plus profiter de l’endroit, car nous avons un impératif pour retrouver les parents d’Anabelle à Douchanbé, et avec nos ennuis techniques, on perd pas mal de temps. Cela va un peu trop vite pour lui et il est déçu de ne pas pouvoir plus profiter, passer plus de temps, s’arrêter plus souvent, dans ces « petits » pays où le rapport distance à parcourir / durée du visa est énorme.

 

 

dscn1467_36651453311_o 2
Dur dur…

Le matin, on ne croise que quelques villages, et dans ces villages il n’y a quasiment pas d’épiceries, ni de bouibouis… A midi, nous trouvons un petit café qui ne vend presque rien mais qui a le mérite d’exister. Cela n’arrive cependant pas à requinquer LoLo, et Anabelle, qui a retrouvé la pêche, le tire avec la corde. Les villages sont maintenant de plus en plus fournis en épiceries et les épiceries de plus en plus fournies en produits. On s’arrête dans l’une d’elles, et on peut refaire un peu de stock même si il n’y a pas encore vraiment de produits frais. L’épicière est une vraie catastrophe en calcul. Elle est incapable de calculer notre note à la main et même à la calculatrice impossible pour elle de faire la somme correctement… C’est encore souvent qu’ils se plantent. Mais comme c’est souvent dans le bon sens pour eux on se demande s’il sont vraiment si peu doués que ça avec les maths ou si c’est un peu orienté ^^. Lolo mange un pot de crème fraiche (la smetana, comme on dit en ruski) avec du miel pour essayer de reprendre un peu d’énergie. Dans l’après-midi on s’arrête chez une famille qui nous propose le thé alors que Loris réparait (encore !) une crevaison. Leur maison traditionnelle est très belle. Elle est constituée d’une grande pièce avec trois grandes alcôves surélevées (comme l’on en croise depuis le début de la route de la soie au Xinjiang) qui entourent le centre. Sols et murs sont couverts de jolis tapis, et dans les alcôves les « kang » (les matelas), sont empilés pour la journée et seront étalés pour la nuit afin de fournir un lit à tous les membres de la famille. La charpente est magnifique. Elle fut construite en 1983 par le père, dont la photo (accompagné de sa femme) surplombe l’entrée principale. Ils vivent ici à plusieurs générations. C’est la maison des parents où vit maintenant toute la fratrie, leurs enfants et petits enfants. Les filles porte un voile qui couvrent leur cheveux, mais finissent par l’enlever. C’est bon nous sommes acceptés dans la maison :). Avec leur tonton, elles regardent des vidéos de musique Wakhi et… Shakira ! On nous offre aussi du pain et heureusement, ici, pas de troupeaux de chevaux pour faire du Koumis, mais des abricots ! Miam Miam !

dscn1473_35956084684_o

dscn1469_36651452201_odscn1470_36393766500_o

On repart ensuite après quelques photos avec les filles. Cette petite pause et rencontre fait quand même du bien à Loris qui retrouve un tout petit peu la pêche. Nous arrivons ensuite au pied de la route qui monte au sources de « Bibi Fatima », mais il se fait déjà un peu tard et la montée de sept kilomètres pour les atteindre s’annonce terrible. Un taxi nous propose de nous monter mais pour un prix exorbitant. Nous refusons donc l’offre et continuons notre route dans la vallée. Tant pis, on se détendra une autre fois.

Le lendemain, Loris retrouve la patate. Miraculeusement. Envolée, la fatigue de la veille. Et c’est temps mieux, car nous avons quelques petites côtes dans la journée. La Piandj devient parfois très large et fourmille alors de petites îles, façon 4000 iles du Laos. Sur la berge, il y a une immense plage de sable fin et des dunes qui seraient presque attirantes pour une petite pause baignade, mais ce n’est pas hyper accessible et c’est trop tôt dans la journée. La vallée est toujours désertique, sauf lorsque l’on traverse les villages verdoyants. Et ombragés grâce au saules, boulots et autres peupliers qui apportent de la fraicheurs sur les jardins où poussent tomates et concombres, et aux vergers regorgeant de pommiers et surtout d’abricotiers cafis de fruits. La vie semble quand même assez dure dans ces petits villages, reculés et loin de tout, dans un environnement qui n’est pas loin d’être hostile (heureusement que les petites rivières apportent de l’eau fraiche de la montagne). Les gens possèdent très peu, et c’est une mission de survie de cultiver sa nourriture et d’élever ses bêtes. Et pourtant, c’est probablement un endroit beaucoup plus résilient que chez nous.  Dans l’un de ces petits villages nous passons la barre symbolique des 15000 km. Très bonne occasion pour s’arrêter et trinquer un coup :). Une petite épicerie se trouve justement à notre hauteur et l’on s’y engouffre pour acheter deux jus d’églantines afin de célébrer. Et aussi de quoi faire des pâtes carbo pour le midi. Mais toujours pas de légumes. Les tomates qui poussent dans les jardins, ils se les gardent pour eux (normal). On arrive à trouver des concombres, mais comme ils peuvent être porteur de germes pathogènes à l’intérieur (car conservés dans l’eau potentiellement contaminée), on s’abstient d’en prendre (comme des pastèques). Le sympathique gérant de l’épicerie parle un peu anglais et nous pouvons alors discuter avec lui. Il faut dire qu’il est carrément polyglotte ! En plus de l’anglais, il parle le whaki, une autre langue pamiri (il y en 6 en tout), le tadjik que l’on parle à l’école, et, bien sûr, le russe qui est enseigné à l’école. Balaise la gars. On veut acheter des abricots, mais en fait, comme tout le monde à son arbre dans la vallée, cela ne se vend pas ici, personne n’en achèterait ^^. Par contre, comme notre épicier a un grand arbre dans la cour juste derrière, il nous en donne plein. Encore mieux :).

 

 

Lorsque l’on traverse les villages, on commence à rencontrer des portions de route asphaltées qui nous reposent bien. Nous pique-niquons juste avant une aire de pique-nique au bord d’un petit ruisseau (bon, en même temps, elle était totalement inattendue). Une fois n’est pas coutume, les filles se mettent au biolite et nous concoctent une petite tuerie de coquillettes carbo.

 

 

L’après-midi, nous retrouvons assez rapidement le goudron, de manière quasiment définitive. Même s’il est plein de trous et de pièges en tout genre, c’est quand même moins traumatisant que la caillasse. Cela n’empêche pas Cisko de crever alors même qu’on commençait à avoir un bon rythme et que nous allions enfin pouvoir faire une bonne journée en terme de kilomètres. Surtout que par la suite, nous tombons sur un couple de cyclos polonais. Alors que nous les apercevons, Loris à Anabelle : « Bon on dit juste bonjour et repart vite »…

… Un quart d’heure plus tard : « Where are you from in Poland ? Near Krakow ? Great ! We loved to cycle in this part of Poland »…

… Une demi-heure plus tard :  » You cycled in South-East Asia before ? We too 🙂 »…

… Trois quarts d’heure plus tard : « And how do you do to cook good meals in this part of Tadjikistan? »

Pour repartir vite, c’est foutu. Mais bon, il y a des gens comme ça, au moment où ils te disent bonjour, tu sens que le courant va tout de suite passer. Le genre de personnes que tu comprends directement, qui ont les même besoins, interrogations et préoccupations que toi et avec qui la discussion est tout de suite très facile. Bon, il faut dire qu’ils étaient probablement les cyclos les plus chargés que l’on ait croisés jusqu’ici (mais du coup, en ce moment il ne font que 25 kilomètres par jour) ! Ils trimballaient même avec eux un moulin à café ! (On n’est pas si pire que cela avec notre biolite tout compte fait 😉 ). Ils essayent d’ailleurs d’utiliser cet argument, couplé à la possession de café en grains Lao, pour nous faire rebrousser chemin et venir bivouaquer avec eux quelques kilomètres plus loin. Il faut alors à Lolo toute sa maitrise de soi pour ne pas céder à ses pulsions et à leurs avances ;). C’est dommage, on aurait bien campé avec des copains, mais bon, il faut qu’on avance. Cette route du Pamir (et la vallée du Wakhan), comme on l’annonçait en préambule de notre précédent article, est définitivement l’endroit où l’on a le plus croisé de cyclos. Et si, bien entendu, nous n’avons pas le même feeling avec chaque cyclo qu’avec ce couple de polonais, la plupart du temps nous sommes ravis de rencontrer des gens qui comprennent et partagent notre façon de voyager. Qui comprennent comment on peut aimer passer des heures et des heures sur une selle, sur des pistes défoncées, plutôt que de faire quelques petites heures de voiture. Qui comprennent pourquoi on apprécie mieux cette vue dantesque à un col après avoir gravi la route sur notre vélo mètre après mètre, coup de pédale après coup de pédale,  plutôt qu’en descendant d’un bus pendant 10 minutes au milieu d’un trajet de 12h. Qui adorent comme nous la simplicité de ce type de voyage (et pour certains, de ce type de vie) :  rien d’autre à penser si ce n’est la direction à prendre (et encore, cela peut parfois être négligeable), avoir de quoi manger, de quoi boire, et un endroit pour poser la tente le soir venu. Repartir le lendemain, sans laisser aucune trace de notre passage, dire au revoir à ces lieux qui nous auront accueillis pour une nuit et remercier la nature de nous présenter si souvent des spectacles grandioses dont on profite à chaque instant de notre trajet. S’émerveiller d’un lever de Lune, d’un coucher de soleil presque chaque jour. Parfois être accueillis par des gens qui nous offrent tant, impressionnés et incrédules face à notre réalisation. D’autres fois être accueillis des cyclos locaux, moins incrédules, mais tout aussi agréables, qui se mettent aux petits soins pour nous, connaissant tout ce dont on peut avoir besoin après des journées sur la route. Dans ces moments-là, nous avons vraiment l’impression d’appartenir à quelque chose. Une communauté de gens comme nous bien sûr. Mais plus encore. On se sent exister, vivre pleinement avec les autres, tous les autres, sur cette planète que nous parcourons, petit bout par petit bout, qui nous accueille tous. Bien sûr, il y a des moments difficiles parfois, comme on se le remémore en écrivant ce passage de notre voyage, dont nous gardons pourtant un souvenir merveilleux. Et puis ce n’est jamais complètement exempt de tout risque, comme nous le rappelle brutalement la réalité, par exemple lors de la mort accidentelle d’un cyclo sur une route en Inde (que nous apprenons par notre groupe whatsapp), ou lorsque la barbarie humaine s’abat où on ne l’attendait pas, sur quatre cyclos lâchement assassinés dans un acte terroriste au Tadjikistan (il y a quelques jours à l’heure ou nous écrivons ses lignes, donc 1 an après notre passage). En tant que membres de la communauté cyclotouriste, nous sommes tristes et choqués lors de telles nouvelles.

On vous propose une ici petite vidéo (pas de nous, nous n’avons pas les même moyens techniques que son réalisateur), vidéo qui porte bien son nom, et dont les splendides images pour la plupart prises dans la région, subliment le message :

(si vous avez apprécié cette video de Tristan Bogaard la version longue est : ici )

Nous quittons finalement nos amis polonais qui nous invitent à venir chez eux quand nous repartirons en Europe (oui, nous repartirons, c’est une certitude). Nous faisons le plein d’eau dans le village (qui est le seul depuis le début de la vallée à ne pas avoir de l’eau claire et pure qui coule dans ses ruisseau, mais plutôt une eau turbide et grise… zut) Puis nous allons bivouaquer quelques kilomètres plus loin, où l’on peut admirer un joli coucher de soleil sur les montagnes… et cueillir des abricots « sauvages » 🙂 !

dscn1504_36620571392_o

SONY DSCSONY DSC

Après une bonne nuit, nous prenons la directions d’Ichkashim, sur laquelle nous comptons beaucoup, non sans avoir refait le plein d’abricots (nous avons été en manque pendant 10 jours, on se rattrape ;)). A la ville, ce n’est pas la profusion attendue. Les flots de légumes et autres étalages abondant de fruits ne sont pas franchement au rendez-vous. Nous repartons un peu déçus avec une boite de champignons, trois ognons et quelques carottes pour les deux jours qui nous séparent encore de Khorog, ville qui clôturera notre périple dans le Pamir. Le paysage change un peu, il est maintenant plus vert, moins aride en dehors des villes, les montagnes sont plus découpées et c’est fort plaisant (Anabelle adore même). En face, on voit de plus en plus de villages afghans. Ils sont parfois si près que l’on peut faire coucou aux gens. A midi, alors que l’on décide que l’on veut s’arrêter, plus un seul coin d’ombre pour nous accueillir alors que l’on en avait passé des dizaines juste avant… C’est toujours pareil :(. Après 5 km en plein cagnard, on se jette sous les premiers arbres potables que l’on trouve. Après avoir franchi la barrière pour y aller cela s’avère être un super coin. Et l’on s’autorise alors même une petite pause sieste et lecture… et réparation de crevaisons bien sûr, Cisko et Éclair sont à plat lorsque l’on revient du pique-nique ! Ça va être chaud pour tenir jusqu’à Khorog si on continue à ce rythme… On repart à 16h toujours sur la route qui monte et descend continuellement car il y a maintenant très peu de place entre la falaise à notre droite et la rivière à notre gauche. Les gamins nous tapent toujours dans les mains, et les plus motivés fond parfois un bout de route avec nous sur leur biclou tous rouillés. Quand vient l’heure de poser la tente, on zyeute un petit coins d’herbe qui semble plat et douillet. C’est rare dans le coin et il faut tenter le coup. Cependant, c’est clairement chez des gens et on va alors leur demander si l’on peut s’y installer. La maman parle un peu français, enfin cinq ou six mots, et nous autorise à nous installer. Chouette! Le soir, le papa vient nous observer quelques instants, tout comme les filles, mais on est quand même bien tranquille. En bas, la rivière gronde, on est bien.

SONY DSCSONY DSC

SONY DSC
On profite autant qu’on peut des sommets enneigés qui nous dominent

 

 

En face, les villages afghans semblent encore plus verts que de notre côté.

dscn1520_36743225066_o
Le pré où nous nous installons ce soir a déjà été fauché
dscn1521_36743224926_o
Les fagots d’herbes y reposent sur le côté, attendant d’être ramenés par les ânes

Et c’est enfin le dernier jour pour nous dans la vallée du Wakhan. Et donc notre dernier jour de pédalage avec Lulu. On profite. On lui fait faire une dernière collecte de bois 😉 pour le thé de midi. Alors que nous pique-niquons de succulentes tomates miraculeusement trouvé dans le village, un drôle d’oiseau arrive. Il s’agit de Qico et de son vélo girafe ! Il s’agit de deux cadres soudés l’un sur l’autre et il pédale alors bien à 1,5m du sol ! Une sacrée prouesse d’être arrivé depuis l’Espagne jusqu’ici. Heureusement pour lui, il devrait avoir le vent dans le dos pour traverser la vallée comme nous l’avons principalement eu dans le museau. Après manger, le zéph se lève d’ailleurs et nous oblige à plus forcer pour avancer, mais nous ne faiblissons pas. Nous croisons une immense décharge à ciel ouvert, dont les nombreux sacs plastique sont arrachés par le vent et volent haut dans le ciel de la vallée. C’est triste.  A 8 kilomètres de l’arrivée… Bucéphale décide de crever et nous n’avons plus de rustines. A ce moment précis, un trio de françaises passe, on discute un peu :

« Elles : Salut, ça va ?

Nous : Ben là on a crevé et on n’a plus de rustines.

Elles : Heureusement, vous êtes presque arrivés. Allez, salut. »

Ah ok sympas la meuf. Du coup MacLoloGiver découpe un petit bout dans une vieille chambre à air et l’utilise comme rustine. On va voir si cela tient. Au début, cela semble aller, mais après quelque temps il faut regonfler. Tant pis, il finit comme cela. Il part à toute allure pour atteindre Khorog sans avoir à regonfler trop de fois. Il file sur les routes. Dans les montées, Armstrong montant l’Alpe d’Huez les mains sur les freins est un petit joueur comparé à Lolo. Et dans les descentes il ferait passer Nibali descendant un col alpestre pour un enfant de cœur. Oui LoLo est surmotivé ;). Et nous arrivons finalement à destination sans nous ré-arrêter.

 

 

SONY DSC

dscn1526_36743224566_o
La classe, non ?

SONY DSCdscn1527_36620569702_o

SONY DSC
On profite une dernière fois des paysages de cette magnifique vallée
dscn1535_36620569232_o
Beurk !
dscn1538_36743223576_o
Et voici Khorog !

Nous sommes contents d’arriver en ville. Khorog est grande et peut nous offrir tout ce dont nous avons besoin. On commence par s’acheter des brioches. Des brioches, quoi ! Des vraies ! Comme chez  nous. Khorog est réputée pour être la ville la plus instruite de toute l’Asie centrale. On ne sait pas si c’est vrai mais les enfants de 6 ans qui nous parlent en anglais dans un parc semblent en attester. Contrairement aux villages que nous traversons depuis des jours, on trouve très peu de femmes voilées ici. Nous passons ensuite un bon moment dans notre super guesthouse (qu’il a fallu atteindre, tout en haut d’une colline de l’autre coté de la ville), typiquement Tadjik, mais tout confort, tenue par une famille hyper sympa et qui propose même… des bières. Bref on profite un peu du confort de la ville et on va au resto indien, où l’on se fait plaisir, puis on retourne se coucher sur nos lit tadjiks, à même le sol (enfin à même le tapis), très confortables.

Nous en avons donc fini de la vallée du Wakhan. Ce fut dur, mais génial ! Nous mentirions en disant que nous y retournerions directement, mais les autres vallées, moins courues, et encore plus reculées, comme la vallée du Bartang, nous tendent déjà les bras. Le Pamir aurait encore beaucoup à nous offrir, et nous n’en avons exploré qu’une partie, qui nous a comblés, mais ce ne sera pas pour cette fois. Le lendemain, nous devons prendre le taxi pour Douchanbé d’où nous partirons retrouver les parents d’Anabelle.

SONY DSC
Vraiment, on ne regrette pas

Si vous n’avez pas eu assez de photos (on vous comprend, c’est tellement beau), le lien vers notre album : ICI.


Une réflexion sur “Vallée du Wakhan, pannes sur nos bécanes, dans nos cannes et dans nos crânes, mais on ricane !

  1. Merci pour le voyage, les ami.e.s ! Je suis toute impressionnée, heureusement que vous n’avez pas posté ça le mois dernier : je n’aurais pas osé pédaler avec vous cet été 😉

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s