Dragon de jade, tigre bondissant et yacks, animaux mythiques : de Lijiang à Shangri-La, Tibet nous voila !

Du 22 au 27 mai

Nous quittons Lijiang le lendemain de notre arrivée, la ville n’ayant qu’un intérêt limité, après avoir pas mal tergiversé sur l’itinéraire à suivre. Nous avions le choix entre :

  • passer dans un parc naturel, celui qui englobe le fameux Mont Enneigé du Dragon de Jade, et nous acquitter au passage du droit d’entrée, exorbitant et immuable même si nous nous ne rendions pas à son sommet
  • et passer par les gorges du saut du tigre, impressionnant canyon creusé par le Yangtsé, appelé localement le Changjiang (Long fleuve), en nous acquittant du droit de passage pour emprunter la route qui passe dans les gorges, même si nous ne souhaitons pas descendre sur les plateformes à selfies, qui permettent de prendre sa tronche en photo devant les rapides bouillonnants.

Nous découvrons à nos dépends le tourisme chinois, qui n’est pas à la portée du tous, car tout, absolument tout, est payant. Ce qui est normal, car dans leur logique, il faut que les endroits touristiques soient accessible au citadin en escarpins ou talons hauts. Ils nécessitent donc rampes d’accès en béton, escaliers en marbre, infrastructures d’accueil luxueuses, et spots pour se prendre en photo devant les endroits bien (ou décidés photogéniques par les responsables de l’urbanisme touristique). On peut donc monter presque au sommet du Mont Enneigé du Dragon de Jade par une succession de remonte-pentes, et quand même, gravir les derniers mètres sur un escalier, sans oublier de prendre avec soi sa bouteille d’oxygène, que l’on avait par ailleurs toujours sur soi à Lijiang (2400m d’altitude) pour s’en respirer un petit peu de temps en temps (bien qu’il doive y avoir plus d’oxygène dans l’air d’ici que dans celui des rues surpolluées de Pékinˆˆ). Étrangement, les toilettes sont souvent exclues de cette ambiance proprette et aseptisée…

Nous choisissons donc la seconde option car les gorges ont l’air d’être dantesques. Imaginez, un fleuve passant entre deux montagnes à plus de 5000m, creusant des falaises qui atteignent par endroit 2000m !

Heureusement, entre les spots touristiques, nous passons dans la campagne chinoise, dans des paysages de plus en plus montagneux à mesure que nous approchons du Tibet, et de plus en plus sublimes. Nous devons redescendre dans la vallée du Yangtsé à 1000m, depuis le plateau de Lijiang, à 2400m. Le premier jour est donc plutôt tranquille :).

De Mohan aux gorges du tigre
Quelques beaux panoramas lors de la descente dans la vallée du Yangtse.
De Mohan aux gorges du tigre
Alors que c’est ici le temps des moissons
De Mohan aux gorges du tigre
Lors d’une pause dans un boui-boui, des hirondelles ont adopté la salle dont la porte est heureusement toujours ouverte

En chemin, on trouve des fraises que nous achetons à des fermiers sur le bord de route. Probablement bourrées de pesticides, mais nous avons de toute façon fait une croix sur le fait de bien manger, et sur nos principes d’achat, en Chine, et plus globalement au cours du voyage. Ben oui, sinon on ne mangerait probablement jamais… C’est un des problèmes du voyage à vélo, dans des zones parfois un peu paumées, si l’on veut survivre, nous ne sommes plus 100% maitres de notre consommation, comme quand nous étions sédentaires dans une grande ville. Même si nous sommes contraints à l’achat de produits industriels, et néfastes pour notre santé et l’environnement, l’Asie du sud et la Chine ont cet avantage d’avoir des marchés ou des étals de fermiers aux bord des routes qui permettent de manger local. Cela nous réconforte un peu. Nous arrivons, un peu avant le crépuscule, à l’entrée des Gorges du Saut du Tigre qui se dressent devant nous, telles une porte d’entrée sur le Tibet, immense et grandiose. Prometteuses pour le lendemain. Nous dégotons le seul spot de bivouac plat et non cultivé du coin, au pied d’un monument à la gloire des combattants communistes de la région, morts lors de la « libération » à la fin de la guerre civile. Tout confort, sur notre dalle de béton ;). On peut repérer parmi les noms plusieurs fois celui de cette jeune fille fort sympathique venue nous aider à installer notre tente, et nous rassurer quant à la possibilité de bivouaquer ici, à la vue des quelques paysans qui travaillent encore dans les champs jusqu’à la tombée de la nuit. Adorable, He Zhilan nous balaie la dalle, nous aide à trouver l’endroit le plus plat, le plus à l’abri du vent. Une de ces rencontres qui nous rappellent que les chinois dans leur individualité sont vraiment sympas. Nos rencontres au hasard de la route sont la plupart du temps très chouettes. Le coucher de soleil sur le massif Yulong Xue Shan (Mont enneigé du dragon de jade) est splendide.

De Mohan aux gorges du tigre
Et un pot de miel ! Un !
De Mohan aux gorges du tigre
Les poules devant les ruches, des sentinelles anti-frelons asiatique
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Ça y est, nous sommes à l’entrée des gorges
De Mohan aux gorges du tigre
Un coucher de soleil magnifique nous est offert depuis notre monument aux morts en guise d’emplacement de bivouac.

Une entrée dans les gorges… fracassante !

Le lendemain, départ bien avant l’aube pour essayer de ne pas payer le droit de passage sur la route, parce qu’on veut juste passer sur la route et qu’on trouve que c’est abusé (c’est un peu comme si pour passer dans les gorges du Verdon il fallait payer). On arrive vite à l’entrée, il fait encore nuit noire. Tout est calme. Presque personne dans les rues, à part les lève-tôts qui se lèvent encore plus tôt que les autres qui se lèvent déjà très tôt. Quelque lumières éclairent la route au niveau du péage. Personne aux caisses. On avance confiants, et là… Un vigile à la mine pas bien fraiche (il doit passer sa nuit ici) sort d’un petit poste de surveillance et vient nous dire de payer le ticket. Zut ! On ne peut pas esquiver le péage en rentrant par le Sud des gorges… Alors qu’en arrivant du Nord il n’y a pas de poste de péage, c’est dire le ridicule du principe. Bon allez, on se dit que c’est le jeu, ce n’est pas bien grave, même si cela reste cher pour utiliser une route, on peut bien sûr se le permettre. Et puis cela va être grandiose ! On passe le « tourist center » fermé à ces heures matinales indues, où l’on peut quand même lire la légende qui donné le nom aux gorges: un tigre pourchassé par un chasseur aurait sauté par dessus les gorges à l’endroit le plus étroit (25 à 30m tout de même). Sauf qu’après deux kilomètres, avec des chantiers tous les 300 mètres, cela ressemble plus à Livet-Gavet et à la vallée monstrueuse qui lui est associée (pour les non connaisseurs, pour illustrer l’aspect glauque du lieu, on y a tourné « Les Rivières Pourpres »). On s’est fait rouler sur la marchandise ! Rembourseeeeez !!!! Le voile nuageux qui s’est installé cette nuit n’arrange pas l’affaire… Trois kilomètres plus loin, on voit sur la droite, de l’autre coté des gorges, des énormes piliers en béton très moches. Que vont-il nous faire ? Une tour pour avoir un point de vue sur les rapides plus loin dans les gorges ? Ah non, un panneau nous explique quelques mètres plus loin qu’ils sont en train de construire un énorme viaduc pour faire passer l’autoroute. Sérieux ?!? Dénaturer le site naturel en construisant les infrastructures pour permettre aux bus de venir le voir. La logique nous échappe. En fait, les premiers touristes en Chine sont les chinois eux-même (plutôt riches et citadins) et il y a fort à parier qu’ils trouvent cela plus beau avec une belle autoroute, symbole de la toute puissance de leur pays (eux qui se sentent exister seulement au milieu des gratte-ciels, cf. « Voyage en Occident »ˆˆ). Le point positif dans tout ça ? Comme le site semble attirer les touristes, la construction d’un barrage sur le Yangtze qui aurait englouti ces gorges, et accessoirment déplacé 100 000 personnes, a été abandonné. Un barrage ou un viaduc autoroutier, il fallait choisir… Comme le gros pont est à peine commencé, on peut encore admirer l’entrée sur les gorges sans celui-ci. C’est grand ! Et beau !

De Mohan aux gorges du tigre

De Mohan aux gorges du tigre
On va tout saccager ! Et on en est fiers ! 😉

Une ambiance un peu surréaliste

On continue notre route, qui commence un peu à s’élever, quelque peu déçus par cette entrée en matière, mais nous sommes heureusement vite rassurés par la suite. On laisse derrière nous les chantiers, les hideux pilones de béton et autres, pour nous enfoncer plus profondément dans les gorges. Elles deviennent vertigineuses ! A plusieurs endroits, les deux falaises qui encadrent le fleuve se rétrécissent, et ce dernier prend alors beaucoup de vitesse, créant des rapides très impressionnants. Nous sommes presque seuls, le silence des gorges est uniquement perturbé par le vrombissement des remous qui résonne contre les parois hautes, très hautes, des montagnes qui s’ouvrent ici pour laisser passer le fleuve. Un décor très minéral. La route est souvent accrochée à la montagne. Une falaise à pic donne sur le fleuve à droite. On aperçoit par moments le fameux Mont Enneigé du Dragon de Jade, majestueux et, comme son nom l’indique, recouvert d’un fin manteau blanc, mais il reste la plupart du temps emmitouflé dans une épaisse couche de nuages duveteux. Quelques maisons sont présentes, dans des endroits où l’on aurait pas même pensé pouvoir mettre une cabane. La place est rare par là. Les trente kilomètres de gorges sont donc très impressionnants et nous avons beaucoup apprécié, malgré l’entrée catastrophique et le temps nuageux.

De Mohan aux gorges du tigre
« C’est haut dis donc! »
De Mohan aux gorges du tigre
Dans le creux, ça bouillonne entre les falaises
De Mohan aux gorges du tigre
« Surtout ne pas regarder en bas. Ne pas regarder en bas. »

De Mohan aux gorges du tigre

De Mohan aux gorges du tigre
Quelques maisons sont perchées à des endroits fous

De Mohan aux gorges du tigre

De Mohan aux gorges du tigre

La sortie est tout aussi splendide. En effet, l’endroit est parfois un peu étouffant et le vaste plateau qui nous accueille est superbe et lumineux. Anabelle étant par contre un peu malade, nous nous arrêtons à la sortie des gorges dans le petit village de paysans. Accepter de renoncer à la suite de l’étape qui était prévue est un peu dur, surtout avec le visa chinois, trop court pour un si grand pays, où chaque jour compte, mais il faut s’y résoudre. Chez Ashan, routier/auberge du village, nous trouvons une petit chambre, simple (sans toilettes, qui sont communs dans la rue comme cela est encore fréquent dans les petits villages) mais confortable, pour la modique somme de 40 yuans (moins de 5 euros). Anabelle s’y repose tout l’après-midi pendant que Loris explore ce petit village. C’est assez mignon, les maisons sont en pierres (locales), ou en briques grises (moins locales), et en bois. Elles ont toutes une petite cour, un jardin, des poules et une vache. Cela ressemble étrangement à un ancien petit village alpin mais avec des rues bien parallèles cependant, et les maisons, semblent en réalité très récentes. La plupart des habitants sont Han, et non Naxi.

De Mohan aux gorges du tigre
A la sortie des gorges, on respire !

De Mohan aux gorges du tigre

Un petit village alpin ? Non, chinois !

Pour encore plus de photos de ce bout de route, c’est par .

En route vers le Tibet

Le lendemain, requinqués, nous partons, direction le Tibet ! Car nous avons oublié de vous dire que le Yangtsé était la frontière entre la Chine et le Tibet avant l’annexion (ou la libération suivant les interlocuteurs), en 1951. Et donc, depuis la veille, nous sommes officiellement en terre tibétaine ! Sauf que comme ces terres étaient très peu peuplées, seule la présence Han (l’éthnie majoritaire chinoise de l’Est du pays, qui est encouragée à venir s’installer dans les territoires peu peuplés de l’ouest) était visible jusque là (à par les indications sur les panneaux touristiques qui sont aussi écrites en tibétain). Nous allons atteindre les terres du peuple Naxi, une minorité tibétaine, au costume traditionnel reconnaissable à la coiffe carrée des femmes (style chapeau d’universitaires « graduated » américains), et à l’unique écriture picturale encore utilisée dans le monde (dit comme cela, ça fait très classe, genre « Tintin sur la trace des Arumbayas », mais la réalité sera un poil moins folklorique). Nous y pensons depuis plusieurs jours car ils sont réputés pour faire… du fromage de chèvre ! Du fromage !!! Loris espère ardemment en trouver après de nombreux mois de privation, que même l’excellente nourriture thaïe ou chinoise n’auront su combler sur le long terme ˆˆ. Dans les faits, les principaux villages traversés par cette route qui relie les gorges du saut du tigre à Shangri-La, sont tous principalement Han et il faudrait faire des aller-retours dans des villages plus éloignés pour voir un peu plus de traditions. Loris fait le deuil du fromage de chèvre. Seuls quelques éléments, comme les lampadaires stylisés dans l’esprit Naxi à l’aide des fameux pictogrammes, rapellent que nous sommes chez ce peuple tibétain. Ces lampadaires, alimentés par panneaux solaires, et parfois éoliennes, présent dans tous les villages et villes que nous traverserons au Tibet, sont parait-il financés par l’argent généré par la « welfare lotery ». Flambants neufs, ils font souvent un peu tâche dans le décor, et dénotent franchement avec les aspects pittoresques de certains villages. Au cours de l’ascension de notre premier col, Loris a une de ses petites fringuales chroniques, qui est heureusement bien gérée par Anabelle qui le nourrit d’une une barre chocolatée. Il se concocte ensuite une mixture eau/sucre/sel qui lui permet de repartir vitesse grand V. Un peu avant le sommet, nous faisons une rencontre sympathique avec des cyclo-touristes en tour organisé (encore une autre façon de faire du vélo en voyage). Ils voyagent avec l’agence « Red Spoke » qui semble avoir pignon sur rue (nous recroiserons par la suite plusieurs autres groupes un peu partout en Asie). Cela ne doit pas être donné car ils ont un véhicule qui les suit pour la logistique et pour porter leur bagages, 3 personnes avec eux, dont 1 guide local qui les accompagne à vélo, mais ce peut être un bon moyen pour s’initier au cyclo-tourisme, en mode tout confort. Un gros avantage : les midis, les 2 personnes en voiture les précèdent pour préparer le pique-nique, trop copieux pour le groupe et nous sommes donc invités à les rejoindre et manger quelques produits occidentaux qu’on ne trouve pas par ici comme… un pain fourré au fromage fondu ! Miam ! Et un bon café, qui réchauffe bien, car la température diminue de plus en plus depuis que l’on monte en altitude. Bref, on passe un chouette moment. On continue notre route qui serpente au pied du Mont Enneigé Haba, qui surplombe l’autre coté des gorges. C’est joli et les paysages varient beaucoup d’une vallée à l’autre. On passe de monts pelés composés uniquement de cailloux, à des forêts de sapins, ou bien à des vallées entières cultivées en terrasses, sur des pentes impressionnantes. Les endroits pour bivouaquer sont cependant faciles à trouver. On ne s’embète pas trop à se cacher vraiment, cela ne pose pas de problème. Parfois, des paysans qui passent par là viennent nous voir, et c’est marrant car après que nous leur ayons expliqué un peu notre voyage, ils sont surtout impressionnés par le fait que l’on cuisine nous-même presque tous les jours :).

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Haba snow mountain
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On nous paye le pique-nique, c’est une rencontre sympathique

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Ca grimpe ! 😉
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Des paysages changeants, de monts pelés..
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…à des pentes cultivées en terrasses

Un village intéressant

Dans un des villages que nous traversons, nous nous arrêtons pour « visiter » un site naturel monnétisé : les terrasses de calcaire blanc de Baishuitai. L’eau qui descend de la montagnne Haba est ici chargée en carbonate de calcium, ce qui crée des bassins en terrasse. On hésite un petit moment avant d’y aller puis on se décide finalement car ça a l’air surprenant. Passé le bas du site ou des terrasses en bétons ont été reconstituées (gnein ?!? mais pourquoi ?!?), nous montons par l’escalier flambant neuf qui permet d’arriver au vraies terrasses. Ouf, cela n’a pas été saccagé ici. Nous avons le site pour nous tous seuls. C’est superbe ! On ne regrette pas notre venue. Les rares rayons de soleil de la journée nous permettent quelques photos qui parlent d’elles-mêmes :

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Dans ce village, où l’on souhaite aussi voir si l’on peut faire un petit stock de nourriture, le passage au « grand » supermarché est un échec. On y trouve pas grand chose à part des pates de poulet (juste la partie avec les trois griffes jaunes…) ainsi que des cuisses déjà cuites, sous vide, prètes à manger, conservable plusieurs années hors du frigo… Ainsi que des oeufs de cent ans (cuits plusieurs mois dans de la boue), proposés sur le même principe de conservation. On trouve quand même des chips, dans leur paquet gonflé à bloc à cause de l’altitude. En quittant le village on assiste aussi à un événement franchement flippant. Le cours d’EPS, ou de formatage, du collège-lycée, où, d’abord, une classe commence par faire une « chorégraphie » dans la cour, en récitant des trucs bien fort et tous ensemble (un peu comme à l’armée), puis l’ensemble des élèves l’établissement viennent les rejoindre. C’est fou.

Ça y est, nous y sommes !

A une centaine de kilomètres de Shangri-La, alors que le temps se dégrade franchement, et que nous progressons dans une purée de pois, au sommet d’un col, on rentre réellement dans le Tibet ! Les maisons sont ici en bois, on commence à croiser des petits troupeaux de chevaux, et…des yacks ! Nos ptemier yacks, si caractéristiques du Tibet ! Ils se cachent en petits troupeaux dans la brume qui nous entoure. On croise aussi quelques personnes qui portent des coiffes typiques : les fameux chapeaux carrés pour certaines vieilles dames, ou le plus classique « chapeau-foulard » rouge. Nous sommes tout excités sur nos vélos, car, dans notre esprit, c’est un des « highlights » du voyage, et comme beaucoup de personnes, on en rêvait depuis longtemps. Malgré qu’il ne soit plus aussi inaccessible qu’avant, il est encore entouré d’une espèce d’ora fascinante et mystèrieuse. Un peu comme la Birmanie. On vous dira quand même que l’accès en vélo n’y parait pas si « accessible » que ça et nécessite un peu de cuisses ;). On tente alors, quand on croise des gens, de lancer un joyeux « Tachi délé », le salut tibétain, signifiant littéralement « bonne chance », à la place du Nihao chinois, mais c’est toujours ce dernier qu’on nous répond. Nous ne sommes pas encore assez profond dans le Tibet, la culture chinois domine encore ici.

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Une première observation: le Tibet c’est vert ! On comprendra vite pourquoi…

Nous descendons le dernier col sous une pluie battante et l’on se précipite alors sous les auvents du centre d’information touristique du tout premier, et unique, parc national de Chine. C’est à l’image des attractions touristiques précédemment décrites. Le parc n’a pas été créé dans le but de protéger la nature, mais d’attirer des touristes dans un endroit joli, et de leur faire cracher de la thune. L’entrée est payante et chère, des routes quadrillent le parc afin d’y faire circuler les bus transportant les gens qui le visitent de façon motorisée… A l’entrée, où nous nous sommes abrité, un espèce de « musée », où l’on peut rentrer, explique et vante les principes des parcs nationaux (et pourquoi les pays qui en font sont trop bien ;)), et présente aussi la flore et la faune locale, notamment avec quelques animaux endémiques empaillés, à coté desquels ont trouve… des ti-bé-tains em-pail… Ah non, ce sont uniquement des mannequins, ouf ! Ils sont mis en scène dans un décor typique de maison tibétaine, qui se veut probablement disparu, sauf qu’ils sont en tout point identiques aux vrais gens que l’on peut croiser dehors quelques kilomètre plus loin. Alors qu’on pique-nique dehors, à côté de nos vélos, plusieurs groupes de chinois passent à coté de nous, tous avec la même parka rouge, et leur bouteille à oxygène dans la poche, qu’ils « sniffent » de temps en temps. On fait un peut tâche dans cette ambiance, à manger notre pique-nique, assis par terre. Un homme passe par là, et après les salutations dans un anglais approximatif, nous dit : « all those people, chinese, no good… Me Tibetan ». A cet instant précis, on le comprend. Il nous remercie (de ne pas être comme ces chinois?) puis nous quitte en nous souhaitant bonne chance. Nous repartons et pouvons admirer tout du long de la route jusqu’à Shangri-La, la construction de parfaites maisons au style tibétain. Mais plutôt style riche lamasserie que petits paysans. Elles sont toutes sur le même principe, quasiment toujours les mêmes dimensions: un grand rectangle sur deux étages, des murs, épais d’environ 1,5 mètre qui semblent être en terre (wahou, c’est pas du béton 🙂 ), et deux énormes piliers en bois d’environ deux mètres de diamètre (on se demande ou ils trouvent de tels arbres par ici…). Le tout peint en blanc et avec des frises colorées. Elles sont super imposantes, et font un peut « Disneyland », mais sont jolies. C’est mieux que les immeubles, ou constructions en briques que l’on voyait jusque là ! Nous arrivons ensuite sur Shangri-La, la première ville tibétaine de notre périple.


Tous nos clichés pris sur cette route : ICI.

Shangri-La

L’arrivée dans la ville est cahotique. On doit d’abord traverser la ville moderne, dont des rues entières sont en travaux, et dont les trottoirs, qui devraient nous permettent de passer quand même, sont parfois totalement impraticables en bicyclette. C’est assez frustrant. La ville connait une forte augmentation de sa population, qui est maintenant 50% tibétaines et 50% han. La ville moderne n’a plus grand chose de tibétain et ressemble plus à une petite ville chinoises classique, mais quand on arrive dans la vieille ville, cela fait typiquement tibétain… reconstruit par des chinois ˆˆ. En effet comme à Lijiang et Dali, tout est neuf ici (à leur décharge, la vieille ville, principalement en bois, a été ravagée par un incendie en 2014). Si l’architecture fait quand même vraie, car – on vous l’a déjà dit – ils savent parfois y faire, on y trouve une succession de GH, restaurants, boutiques de souvenirs. Dans l’ambiance, cela ressemble pas mal à Louang Prabang, ou Chiang Mai, avec peut-être une atmosphère plus « cosy » grâce aux poêles et autres couvertures chauffantes, qui nous permettent de nous réchauffer un peu. Même si nous sommes presque en juin, cela caille sévère par ici. On y reste deux nuits, surtout pour laisser passer la pluie, ce qui nous permet de visiter les quelques curiosités de la ville, comme le temple au cent poulets, qui nous permettra de voir notre première profusion de drapeaux de prières, mais seulement quelques volailles. Il se trouve sur la colline dominant le ville. On y monte par un petit chemin en terre battue (bordé des fameux lampadaires grotesques décorés avec de faux moulins à prières), et la vue sur les montagnes environnantes et la ville est sympa. L’intérieur de ce petit temple sent fort l’encens. Nous visitons aussi un autre temple, où l’on ne peut rentrer que s’il on fait une offrande, comme nous le fait comprendre un moine qui nous chasse quand il voit qu’on n’en a pas l’intention, contrairement aux touristes chinois, qui ne semblent pas boudhistes pour deux sous, et qui font le tour du temple en aspergeant certains bouddhas d’eau ou en allumant des batons d’encens devant d’autres. A l’extérieur, on peut voir un des plus grand moulins à prière du monde. Il faut être plusieurs pour le faire tourner, et cela ne surprend personne quand on s’y met : on ne dénote pas trop car seuls les touristes s’occupaient à cela lors de notre passage.

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Heu… C’est à dire, on doit passer où là?
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On construit du typique tibétain 😉
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La montée au temple, les lampadaires dénotent un peu.

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En tibétain et en chinois

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La tenue traditionnelle, avec le panier en osier, ici en plastique…

On profite aussi de la ville pour tester un restaurant où l’on peut trouver… le fameux fromage de chèvre ! 🙂 Miam Miam Miam. On se régale de plats locaux, préparés à l’occidentale (c’est à dire pas forcément au wok avec deux litres d’huile). Ainsi que de bière tibétaine, à base d’orge du plateau tibétain, mais de houblon européen. Une noire bien bonne, qui change des blondes sans gout qu’on boit habituellement en Asie. On en profite aussi pour refaire notre stock de nourriture pour les prochains jours où nous n’allons pas croiser grand chose, car nous partons pour Litang, plus profondément dans le Tibet. 8 jours de quasi-autonomie sont, semble-t-il, nécéssaires et nos sacoches débordent de victuailles !

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Toutes nos photos de Shangri-La : LA.


7 réflexions sur “Dragon de jade, tigre bondissant et yacks, animaux mythiques : de Lijiang à Shangri-La, Tibet nous voila !

  1. quelle agence de voyage vous faites! après tous ces articles, on ne va pas savoir où aller, car il y a vraiment à voir dans chaque pays que nous vous présentez!
    un regret: nous n’avons pas vu la falaise de 2000 mètres dans vos photos (y compris dans celles qui sont accessibles par le lien, que j’invite les autres lectrices/teurs à aller voir.)

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  2. Hello.Je suis en train de rattraper tout mon retard, sur votre blog (presque 6 mois).Et vu la longueur de vos articles ça me prend du temps, et j’imagine même pas le temps que ça vous prend de les écrire! Mais c’est avec plaisir. Votre aventure est vraiment impressionnante. Petite question: C’est quoi cette histoire de bouteille d’oxygène? Vous en aviez besoin? Brice

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