Comme des backpackers bien chargés de Yangon à Inle

Arrivés à Yangon, notre première mission consiste à rejoindre sains et saufs nos quartiers. Ce n’est pas une tâche aisée. En effet, finis les seaux d’eau. Ici, on n’est plus dans les petits villages de campagnes aux moyens limités. A la capitale (enfin, l’ancienne capitale), on utilise carrément des lances à eau surpuissantes pour arroser les gens ! Heureusement, les grandes rues de 2 fois 4 voies nous permettent de passer entre les gouttes trombes d’eau. Quand on s’engage dans les plus petites rues, cela redevient plus artisanal. Loris, qui est devant, passe sans problèmes, mais il attire l’attention des gens qui sont sous les porches des immeubles et dans les boutiques. Or, un birman avec un seau d’eau à la main en vaut deux, et donc Anabelle qui suit est mal embarquée ! Une personne surgit entre les voitures pour l’arroser à l’ancienne. Elle pousse un cri de surprise, puis supplie gentiment le monsieur de ne pas l’arroser et il s’abstient finalement. Mais devant sa tête ultra déçu elle regrette presque de lui enlever ce petit plaisir. Il ne semble vraiment pas comprendre pourquoi il ne peut pas lui vider un grand seau sur la tête, car c’est un plaisir de le recevoir normalement. Anabelle hésite à l’autoriser à lui verser dessus quand même… mais opte finalement pour lui expliquer que nous sommes malades et qu’avec le froid cela ne serait pas très bon nous. Il comprend et nous souhaite quand même une bonne année. Ouf 🙂

Le lendemain, finies les conneries, plus de musique à fond, plus de lances à eau, plus de gens qui picolent, c’est le premier de l’an, c’est du sérieux. Les gens s’habillent sur leur 31 et vont au temple, à la pagode. Pour nous le programme est différent : aller faire nos visas pour la Thailande. On se réveille pas trop tard, normalement tout est presque prêt, on sait où est l’ambassade, tous devrait se passer comme sur des roulettes. On imprime nos documents, on range nos affaires et il est déjà… 10h. Oups, ça ferme à 11h30, on n’est plus très large. S’engage alors une course contre la montre, pleine de rebondissements et d’ascenseurs émotionnels. En effet, on doit d’abord passer à notre second hôtel pour poser nos sacoches. Heureusement, il n’est pas loin. Nous voila ensuite partis pour l’ambassade que Loris a repérée sur maps.me. Un poil plus de 7 km pour un poil plus d’une heure, ça devrait le faire. C’est parti, avec le trajet en tête, car rappelons nous, le téléphone de LoLo (qui nous sert de GPS) est mort. Au début tout va bien. Ca roule plutôt bien sur les larges boulevards du centre, pas encombrés de scooters qui y sont interdits (heureusement leurs cousins qui marchent à l’huile de genoux sont autorisés). Puis nous arrivons aux environs de Schwedagon, l’énorme pagode qui trône au cœur de la ville… Et c’est le drame. En effet, c’est tout Yangon (si ce n’est toute la province) qui se rend à la pagode pour le premier de l’an ! En taxi, ou à pied donc. Impossible d’avancer. Sur la route, bouchon de voitures, et entre les voitures, de piétons. On commence à s’inquiéter de ne pas pouvoir arriver à l’heure. On arrive finalement à s’extirper de cette galère, avant d’y retomber un peu plus loin. Finalement nous en sortons mais on a perdu beaucoup de temps. Onze heures moins dix, on devrait quand même y arriver. On passe alors dans le quartier des ambassades. Finies les rues bien parallèles qui quadrillent parfaitement le centre ville, ici ça tortille dans tous les sens. Il y a beaucoup de verdure, des hôtels de luxe, des restaurants très classes, des salles de sports ultra modernes… Cela dénote beaucoup avec le Yangon que l’on a traversé jusque là, plutôt sale et décrépi. On se croirait plus en Floride ou Californie qu’à Yangon ! Nous arrivons enfin à l’ambassade. Sauf que là, elle ressemble plus à la maison de l’ambassadeur (style colonial imposant, avec grands portails en fer forgé…), et tout est fermé. Etrange. A travers les grilles du portail fermé, on chope le jardinier, ou le fils de l’ambassadeur, on ne sait pas trop, pour lui dire qu’on veut faire un visa. Réponse : « Ce n’est pas ici ». Arghhhhh (cris d’agonie). Il essaye de nous indiquer où aller, mais a priori c’est loin, et ça monte ! Il est déjà 11h passé, mais on va le tenter quand même ! Nous partons tels Armstrong dans la montée de l’Alpe d’Huez (sauf que comme il n’y a pas de virages, on a pas besoin de freiner^^), dopés par l’envie d’arriver à temps pour ne pas avoir à y retourner le lendemain. C’est loin, et le jardinier ne nous a pas vraiment donné d’ordre de grandeur des distances. On ne sait donc pas si nous sommes au bonne endroit. 11h15, on s’arrête demander à un vigile. Il ne sait pas où c’est. On continue ! 11h20 on redemande à un passant : ce serait bien plus loin. On repart. On sert les dents, les cuisses sont en feu. Désespérés, à 11h25 on demande encore, la première personne ne sait pas. On s’apprête à abandonner… à deux doigts de craquer, nos visage sont fermés, nous sommes au bords des larmes. Puis un gentil passant nous demande ce qu’on cherche. Il sait où c’est ! Encore un peu plus loin. C’est reparti à fond les manettes! L’espoir renait. Et puis Loris aperçoit le drapeau derrière un bâtiment. Un feu passe au rouge. 60s (il y a le décompte). Ca va être chaud. Mais déterminés, nous ne voulons pas, que dis-je, nous ne pouvons pas échouer si près du but ! Nous passons au rouge puis arrivons devant l’ambassade. On jette les vélos (sans les attacher) et on se précipite devant la porte… tin-tin-tin-tin… suspense… 11h29min45s ! C’est ouvert ! 🙂 Youuuuuuuuupiiiiiii ! Alleluia (à lire avec une voix musicale biblique). On va au guichet, on file tout les papiers, tout va bien et au moment de sortir les photos… NOOOONNN. On ne les trouve pas. C’est impossible d’échouer si près du but ! On retourne la sacoche dans tout les sens. Et on finis par les retrouvez alors qu’elles se cachaient dans notre carnet de bord. OUF ! On ressort, et on s’écroule sur le trottoir, épuisés mais contents. 🙂 Mais là, les vélos ont disparus ! Ah non, on l’a déjà faite celle-là ;).

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Les trishows remplacent ici les scoots ou les tuktuks
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Souvent un look d’enfer !

Malgré que l’on soit passé à toute vitesse, on a pu un peu observer la ville sur notre parcours. A part la folie aux alentours de Schwedaggon, c’était plutôt calme. Le fait que les scooters y soient interdit doit jouer. Très peu de coup de klaxons, c’est bien. Les trishaws (ou rickshaws) sont très nombreux et concurrencent les taxis. Ils sont très bien entretenus par leur chauffeur, et souvent « stylisés ». C’est vraiment une institution dans la ville (pour en savoir plus : cet article). Nous partons ensuite nous reposer dans le « parc du peuple », qui borde la pagode de Schwedaggon, on l’a bien mérité. Il y a du monde mais comme c’est super grand on est plutôt tranquilles. L’ambiance est détendue. Les gens sont en couple, ou en famille. Très bien habillés. Les couples ont souvent choisi des longyis assortis. Les femmes ont parfois aussi le haut assorti à leur longyi. C’est une magnifique palette de couleur, qui rehausse de belle manière l’aspect de la ville, parfois un peu terne (les bâtiments). Les couple s’affichent clairement, ce qui est rarement le cas en Asie. On croise même un couple gay, et un moine qui tient une fille par la main (ce qui est théoriquement strictement interdit). Après, quand les couples veulent aller plus loin dans le parc, se faire de petits bisous par exemple, ils doivent se cacher un peu, faut pas déconner non plus ;). Ils sortent alors leurs armes secrètes : les ombrelles :). On flâne quelques temps dans les allées, on fait une petite sieste qui sera vite interrompue par les moustiques (qui ne sont pas embêtés du tout par nos longyis). Au loin on aperçoit la Pagode, mais n’y allons pas car c’est prévu pour demain.

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Jour de l’an birman : il y a du monde dans le parc du peuple !
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Bel assorti
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Les amoureux sont partout, cachés derrière des ombrelles ou des buissons !
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En effet, il faut bien une parade pour se bécoter tranquillement, tout en respectant les règles du parc
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Le haut et le bas assortis, avec le même motif, très en vogue ! Dans toute l’Asie d’ailleurs !
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Petite procession de moines recueillant les offrandes
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Là voilà : Shwedagon Pagoda ! Visite prévue le lendemain

Le soir, on veut se faire un petit resto qu’on a repéré, mais il est fermé pour cause de vacances de nouvel an (comme pas mal de trucs aujourd’hui d’ailleurs). On finit donc dans un espèce de « pub » local, blindé de monde qui fête maintenant le nouvel an entre amis. Et ça picole pas mal ! Nous on prend des bières, mais pas mal tournent aussi au whisky et au rhum qu’ils descendent comme du petit lait. Ils faut dire que les productions, locales, de ces deux spiritueux (rappelez-vous que rien ne rentrait dans le pays jusqu’à il y a quelques années ! Même le coca est fabriqué sur place) sont à des prix incroyablement bas : moins d’un euro le litre en supermarché… Loris commande un « hot plate » d’un truc dont il ne sait pas trop ce que c’est et se retrouve avec une assiette en fonte, en forme de mouton ^^, d’environs 5kg, à environ 500 degrés, remplie de lamelles de tofu et de légumes. Ma foi, pas mauvais.

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Coucher de soleil sur Yangon depuis notre hôtel. Pas folichon comme ville.
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Une pagode de notre quartier (Yulle Pagoda). Et des pubs, des pubs, des pubs… On ne saurait pas dire ce qui est le plus mis en valeur.

Le lendemain matin, c’est repos a l’hôtel. Enfin repos… Comme d’habitude quand on s’arrête ce n’est pas de tout repos car nous avons dans nos taches : écrire le blog, télécharger des cartes sur oruxmap, planifier l’itinéraire, acheter des tickets de bus pour le lac Inle… Bref on est toujours bien occupés. Au passage, on rallume le téléphone pour voir s’il marche. Le truc débile. Ca fait 4 jours qu’il est HS, y’a pas vraiment de raison que cela remarche… Et la… Wouhouuuuu ! Ca fonctionne :).

L’après-midi, c’est un grand moment ! Nous allons enfin à la pagode Schwedagon. Le cœur de la ville. Centre religieux du pays. Pas la plus grande par contre, celle de Bago la surpasserait de quelques mètres. On laisse nos chaussures à l’entrée, dans des petits casiers. En effet, comme nous sommes venus en vélos, pas la peine de trimballer nos chaussures avec nous, on est sur de repartir par la même entrée. Comme nous sommes équipés de nos longyi, car on savait que les shorts n’y étaient pas autorisés (enfin en vrai plutôt parce qu’on kiffe trop les mettre :)), on peut ensuite y aller directement. On monte les 3 séries d’escaliers (la pagode est sur une colline pour être sûr qu’elle soit visible de presque toute la ville). Là-haut, cela brille de mille feux ! L’énorme et immense Schwedagon est entourée de dizaines de stupas dorés, de temples et d’autels. Il y a des bouddhas de partout, en marbre blancs ou dorés, debouts, assis ou couchés ; la plupart pas énormes, mais « c’est pas la taille qui compte, c’est la position » comme dit Loris.

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La plupart des gens sont sur le 31

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Les nonnes, en rose, et pas en blanc comme dans le reste de l’Asie du Sud-Est

Alors qu’on essaye de se repérer sur le plan, et qu’on a déjà décliné les offres de plusieurs guides qui ont essayé de nous alpaguer, nous sommes abordés par un vieux birman au cheveux gris, avec un chignon sur le dessus de la tête, et des lunettes brillantes, sous cocaïne un peu speed, avec un débit de parole impressionnant. Il se prénomme lui-même « uncle Thain » et nous fait un speach de bien 20 minutes pour nous attirer dans ses filets. Nous qui voulions nous promener tranquillement, prendre notre temps, sans guide, c’est râpé : il nous a convaincu de le suivre. Ce qui nous a séduits, c’est qu’il doit nous apprendre plein de secrets sur la pagode :). Mais il est parfois un peu trop speed (pas le temps de flâner ou de poser trop de questions), et un peu autoritaire (il nous donne sans arrêt des ordres), ce que, en bons anarchistes, on n’aime pas du tout ! Il va jusqu’à nous attraper par les vêtements et nous positionner à la place exacte qu’il connait pour la meilleure photo, le « perfect artistic spot » comme il dit. Sauf que nous, on prend pas nos photo avec un Iphone « Uncle », du coup avec notre focal fixe de 30mm ça rend pas trop tes spots… Bon, on apprend quand même plein de choses et on ne regrette donc pas cette expérience avec ce personnage original dont on se souviendra encore longtemps. Ce qu’on a retenu :

  • nos jours de naissance, dans le bouddhisme, correspondent à un animal (comme un signe astrologique un peu) et à un des premiers bouddhas. Ainsi Loris est né un Jeudi, jour de Kassapa, 3ème bouddha de ce monde (dans les mondes d’avant il y en avait plein déjà) : il est petite souris et donc soit-disant intelligent et sensible, il peut battre des grands costaud grâce à son intellect ! (Ouf, je suis content de l’apprendre 😉 ). En plus il a un fort karma, c’est donc pour cela que l’on est rentrés par l’entrée Est (qui correspond à son bouddha) alors qu’Anabelle et son faible karma 😉 voulait rentrer par l’entrée Nord (celle de son bouddha). Elle est en effet cochon d’inde (née un Vendredi), jour de Siddhartha, 4ème bouddha. Elle doit donc être curieuse, pleine d’amour, bavarde et aussi adorer les enfants. Bon, on doit avouer que ça colle plutôt bien, mais en vrai on retrouve des caractéristiques qu’on pourrait s’attribuer dans la définition de chaque animal^^.
  • Cette pagode a été construite en -600 par un roi, pour rassembler 3 reliques des 3 premiers bouddhas : un filtre à eau (on pensait aller le récupérer pour changer le notre qui est cassé, mais il s’agit en faite d’une simple passoire… qui est de plus enterrée sous la pagode), une jupette de moine et un autre truc, avec une chose d’une valeur inestimable : 8 cheveux du 4ème bouddha (Siddhartha pour ceux qui suivent pas !). A priori ses objets sont sous la pagode, avec la bijouterie de tous les princes et princesses du coin, de d’époque.
  • La pagode a été agrandie au fil de siècles et des souverains qui se succèdent.
  • Pour rappeler les 8 cheveux, la pagode a 8 couches : or, argent, cuivre blanc, cuivre jaune, cuivre rouge, marbre, fer, briques. Très important de se souvenir de ça ! Uncle T. nous interroge plusieurs fois dessus.
  • Le roi qui a construit la pagode est le fils d’un ange, ou d’un esprit du ciel, ou d’un dieu (on ne sait plus trop, mais bon c’est bizarre toute cette mythologie du bouddhisme, nous on pensait qu’il n’y avait que les bouddhas, mais en fait c’est pire que l’olympe ces histoires !) et d’une fille de la mangrove que cet ange a trouvée, élevée puis … épousé après avoir pris une apparence humaine. Mais bon d’après notre guide ça c’est une légende !
  • Les habitants du Myanmar ont pour ancêtres des hommes-oiseaux. Attention, ça, ce n’est pas une légende ! 😉
  • Le premier bouddha est très généreux donc tout le monde vient le prier, même les gens nés les autres jours.

Ca valait le coup non ?

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Les hommes-oiseaux de la mythologie birmane

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Siddharta Gautama, le 4ème Bouddha (celui d’Anabelle, et plus largement des gens nés le vendredi)
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Loris s’applique à verser les 32 coupes correspondant à son âge plus un pour avoir une belle et longue vie (non, il n’a pas encore 31 ans, mais pour les birmans, tu as l’âge de l’année en cours). Faut bien faire comme il faut, sinon « uncle T » t’engueule !
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Puis, il faut prier son bouddha pour qu’il t’accorde ce que tu as demandé par ces gestes (si tu ne fais pas la prière après, il comprend pas ;))
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On n’est pas beau, en birmans ?
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Dorés, ce sont les anges
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Argentés, les Archanges, plus balaises

Après cette visite éprouvante on veut se pauser un peu pour souffler, sauf que Uncle T. nous indique qu’ils vont fermer l’entrée par laquelle on est arrivés et qu’il faut vite qu’on aille chercher nos chaussures ! Flûte alors. On file en bas, et après 350 marches, on arrive devant le bâtiment où il y a nos chaussures. Argh, fermé… On trouve un gardien qui nous dit de remonter, ils ont surement monté toutes les chaussures quand ils ont fermé ici. Ouf on va les retrouver. On remonte nos 350 marches. On demande. Elles ne sont pas là ou le gardiens pensait. On demande à un autre. Ils sait ou elles sont. Dans la boite, là. Mais il n’a pas la clé de la boite… On attend 15 minutes que quelqu’un se pointe avec la clé ? Chouette, nos chaussures ! Ah non, en fait il n’y a que celle de LoLo… Bon on est donc persuadé qu’ils ont oublié celle d’Anabelle dans les casiers. La dame qui a fait que transfert est sur que non. On insiste pour aller voir. Ca les embête mais ils sont d’accord, et donc après 15 nouvelles minutes d’attente, pour qu’ils trouvent la clés des casiers du bas, on y retourne avec eux (350 marches). On fouille tout ! rien… et là, Anabelle, cette bécasse, les retrouve posées par terre, dehors, prêt de la porte… Bon, on a pas perdu de chaussures mais beaucoup de temps^^. On remonte nos 350 marches pour enfin profiter calmement de la pagode. La nuit est tombée. L’ambiance est encore plus magique. Tout est éclairé. Des bougies sont allumées. C’est beau.

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De nuit, l’atmosphère devient vraiment magique

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Comme nous n’avons plus que 5 jours de visas, et que l’on ne souhaite pas prolonger, nous devons faire un choix entre deux lieux que nous voulons visiter : Bagan, une forêt de pagodes anciennes, et le lac Inle. Et comme cela fait un moment qu’on visite des trucs bouddhistes, et que nous avons préféré Angkor au lac « du mékong » au Cambodge on choisit cette fois le lac. On y va donc en bus. La station de bus, c’est un gros bordel, semi organisé. En fait, chaque compagnie de bus possède un bureau devant lequel viennent se garer ses bus avant le départ. C’est plutôt bien fait, sauf que les rues ne sont pas très large et gros problème : les voitures n’y sont pas interdites… Donc, bien sûr, ca crée des bouchons de ouf. Notre bus arrive avec une heure de retard, on monte tant bien que mal nos vélos dans la soute, malgré qu’elle soit utilisée pour transporter du frêt, on part et là c’est la galère. En effet, alors que le bus tourne dans une rue après 20 mètres effectués, une camionette tuk-tuk garée sur la route l’en empêche… Après 20 minutes de klaxonnage intempestif de notre chauffeur, pendant lesquelles toute la station entière est bloquée, comme le propriétaire de la camionnette ne s’est pas montré, 10 ou 15 personnes la déplacent de quelques mètres à la force de leur petits bras, et nous pouvons passer. Il n’y avait plus de place en bus normal, nous sommes en bus « VIP ». Contrairement à tous les récits que nous avions pu lire sur le sujet, notre bus est tout confort et l’on y dort très bien malgré la route montagneuse. Au petit matin, il nous dépose à 10 km de la ville et nous finissons à vélo.

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Le premier jour nous faisons une petite balade sur les deux rives du lac, que l’on rejoindra par pirogue. Les canassons sont contents, cela faisait longtemps qu’ils n’avaient pas navigu鈈. On découvre ainsi rapidement la vie sur le lac (que l’on explorera mieux le lendemain). La pirogue est le moyen de locomotion le plus utilisé ici. En effet, chaque village sur les berges est rallié au lac par un canal et y a un donc un accès toute l’année et certains village sont carrément sur le lac, montés entièrement sur pilotis. On fait un petit tour en pirogue sans moteur, c’est plus calme, dans un des village sur pilotis des berges. C’est sympa, chaque maison a son petit carré de lac autour, avec ses petits jardins flottant ou ses… poules par exemple. Les maisons ne sont pas reliées entre elles et sont accessibles uniquement en bateau. Le lac est très peu profond, 50 à 60 cm seulement. C’est le moment le plus bas de l’année : en saison des pluies il peut atteindre jusqu’à 3 mètres. Notre batelière rame avec sa jambe ! Une vieille technique du coin qui parait-il est plus pratique et moins fatigante. On ne sait pas si ça marche mais c’est la classe ! On passe à sa maison, elle nous y cueille des fleurs de nénuphars (oui c’est un peu fleur bleue) et l’on discute avec sa mère. On continue ensuite notre balade sur la rive à vélo. On s’arrête boire un verre de vin local (comme tous les européens qui passent par là). Pas mal du tout le petit syrah, bien tannique comme on les aime. Ils vaut bien tous les vins d’importation, chiliens ou australiens, qu’on trouve normalement ici.

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La vie sur le lac est comme sur terre, on trouve de tout. Même des basses cours
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La classe la technique de ramage non ?

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Jolies toilettes ! évacuation directement dans le lac…

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Le lendemain on a réservé pour faire un plus grand tour sur le lac. On souhaitait aller jusqu’à un second lac plus au sud, mais malheureusement il est n’est pas accessible à cette saison car le niveau d’eau est trop bas. On se contentera donc de l’unique lac Inle, réputé beaucoup plus touristique, qui nous comblera quand même. Nous partons assez tôt le matin, ce qui n’empêche pas les embouteillages de pirogues pour quitter l’embarcadère. On part sur le lac bien installés sur nos petits sièges en bois, tout confort avec le petit cousin pour les fesses et les gilets de sauvetages en guise de dossier. Nous sommes parmi les plus matinaux, mais croisons quand même d’autres pirogues avec des touristes. Quelques falangs, mais surtout des birmans. Eux ne sont pas 2 ou 3 par pirogues mais plutôt 8 ou 10 et n’ont pas besoin de sièges. Les moteurs, qui envoient de grandes gerbes d’eau dans tout les sens, sont si puissants que les nez des bateaux sont bien 50 à 60 cm au dessus de l’eau. Heureusement quand deux bateaux se croisent ils réduisent les gaz et nous restons au sec. On dépose une dame « sur la route », qui profitait de notre embarcation pour rentrer chez elle gratis^^, et on visite au passage le gros village sur pilotis du lac. C’est impressionnant, tout est sur l’eau. On visite quelques endroit hyper-touristiques et surfaits comme une fabrique de bijou, ou une usine de tisserand qui tissent de la soie ou une ressource locale : la fibre de racine de fleurs de lotus. Cette dernière fibre coute une fortune, et pour cause il faut environs 3 mois pour fabriquer le fil nécessaire à faire une écharpe… On a donc des écharpes à 100$ qui ressemblent à des sac de patates (ouais, la racine de fleurs de lotus c’est pas fou comme matière). Pas sûr qu’ils en vendent beaucoup… Ces endroits qui pourraient vite être ennuyeux sont sympa quand même car où qu’on regarde, on est toujours sur l’eau, et c’est marrant, et puis car on en profite pour discuter avec les jeunes gens qui tiennent ces boutiques. Ce sont souvent des étudiants ou des jeunes diplômés qui viennent faire ça pendant les vacances pour aider leur parents. Anabelle leur pose toujours plein de questions :). Et on arrive (enfin !) à comprendre comment fonctionne un métier à tisser. On aura pas tout perdu.

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Notre « boat driver »
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Les embouteillages du matin sur le périph’ de Nyaung Schwe (en fait le canal à la sortie de la ville pour rejoindre le lac)

DSC02585C’est les vacances, les ‘touristes’ birmans sont très nombreux.

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Les « fermiers » ramassent des algues pour servir de support et d’engrais aux jardins flottants

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DSC02603Ce n’est que bien chargés qu’ils peuvent rentrer

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Lui, on a pas compris ce qu’il faisait… à taper sur l’eau, en équilibre depuis le nez de sa pirogue

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Les fameux jardins flottants (petite déception : il n’y pousse que des tomates et quelques courges). C’est un peu de l’intensif…

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On se rend ensuite à la plus grosse pagode/temple du coin, qui est fameuse pour abriter 5 statuettes de bouddhas. La tradition veut qu’on leur colle une feuille d’or quand on passe. Ils ressemble donc maintenant plus à des gros bonshommes de neige qu’a des bouddhas (pas de photos, c’était interdit). Par contre cette pratique est interdite aux femmes, elles doivent se contenter de regarder leur mari ou leurs amis aller coller le précieux papier. La ferveur est palpable. Il y a foule. Cela nous rappelle « Birmane » de Christophe Ono-dit-biot. Style un peu pompeux parfois mais qui restitue très bien l’ambiance du lac Inle (et de la Birmanie en général). C’est jour de marché, le temple est donc plein d’étals (les marchés sont souvent dans ou aux alentours des temples). On viens de tout le lac pour faire ses emplettes. Ainsi que des villages voisins, accessibles par des sentiers au milieux des rizières. On ne se prive pas pour aller faire un tour et c’est super chouette. On croise beaucoup de villageois, qui sont toujours contents de nous voir. Certains parlant quelques mots d’anglais, on peu échanger un petit peu. Ils sont toujours adorables et l’on apprécie beaucoup cet instant. L’après-midi, on fera un stop à un monastère au milieu du lac, où l’on pourra réviser l’histoire du 4ème bouddha (ou 1er suivant les sources), en peinture, et surtout faire une sieste dans ce lieu calme et frais.

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Une des coiffes locales : un bout de tissu, qui ressemble beaucoup à une serviette de toilette, noué autour de la tête

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Pour confectionner la coiffe de l’état Shan
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Et les coiffes en question, au café du marché
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Le bateau pour aller balader les bouddhas-bonshommes de neige les jours de fête.
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Pour se rendre au marché, on prend la pirogue…
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…ou l’on vient à pied si l’on habite dans le coin

Comme nous avons zappé Bagan, on se motive pour allez voir, en vélo, Indain, une petite « forêt d’anciennes pagodes » au sud du lac. De la motivation, il en faut bien un peu car c’est loin, il fait chaud, et la route est un peu cahoteuse et pas plate. Le lieu est cependant super et on ne regrette pas d’y être aller. C’est très calme. Il n’y a pas grand monde et les pagodes sont sympas . Surtout parce que, pour la plupart, elles sont en ruine, et on a alors l’impression jouissive d’être les premiers à les découvrir (cela nous rappelle un peu KoKer au cambodge). Des arbres ont parfois poussés au milieu. Bien sûr, si rien n’est fait il y a fort à parier qu’elles seront un jour complètement détruites, mais celles qui sont restaurées ont perdu tout leur charme. Il faut dire que ça a été fait à la « bouddhiste moderne », c’est-à-dire en béton, et sans trop de gout.

Pour notre 4ème et dernier jour au lac Inle, on retourne à un endroit qu’on a repéré et découvert la veille : le « open heart garden ». Un concept qu’on adore : on va cueillir nos ingrédients, directement dans le jardin bio, on les cuisine suivant les recettes de notre cuistot-jardinier, et on les mange ! 🙂 Tun-Tun, originaire de l’état Kachin (mais qui n’a pas pu y retourner depuis 1991…) a monté cela il y a un an à peine, et il profite qu’il n’a pas encore de trop de clients (ce qui devrait vite changer) pour apprendre l’anglais en lisant un énorme bouquin d’environ 1500 pages (on est déjà passé 3 fois avant aujourd’hui, il avait toujours le nez dedans^^). Il est d’un gentillesse incroyable. Il nous propose un repas végétarien avec 7 plats ! Il est lui même végétarien depuis qu’il a vu les élevages d’animaux au Myanmar (qui, d’après ses descriptions, valent bien les usines de torture et nids à microbes occidentales). Au menu donc :

  • Salade de riz « roasted » et « chicken leaves » (un plante du coin), a priori une spécialité Shan
  • salade d’aubergines
  • salade de papaye
  • salade de fleurs de camélia, qu’il nous offre car c’est sa spéciale, c’était la préférée de son papa, dont il tient la recette
  • Curry de légumes au lait de coco
  • jus de papaye
  • et salade de feuille de thé (qui se prend donc normalement en dessert !)

Une fois qu’on a récolté tous les ingrédients, on se met au boulot sous la direction de notre chef. Ca nous fait saliver, et effectivement quand on se met à table, c’est un vrai délice ! Cela clôture de belle manière notre excellent séjour au Myanmar. En effet, on prend un bus de nuit le soir pour la frontière.

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Inutile de vous dire qu’on adore le concept !
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Notre cuisinier ramasse les feuilles de camélia

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Curry de légumes au lait de coco 🙂
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Trio de salades : aubergines, papaye, et camélias 🙂

Ce buslà est déjà plus proche de tout les récit qu’on a lu. Lumières éclairées, musique, télé… Plus les 3/4 des passagers qui vomissent à cause de la route de montagne. 3ème arrêt pour manger à 1h du mat. Prière à 5h. La nuit est longue. Au petit matin, on arrive à la ville frontière. Les chauffeurs nous filent toutes les lingettes du bus qui n’ont pas été utilisées. Chouette, on va avoir plein de chiffons pour nettoyer les vélos ! 🙂

Au revoir, Myanmar ! Nos 28 jours chez toi ont été riches en découverte, rencontres, émotions. Une ambiance bien à toi, de par ton histoire, tes habitants et tes coutumes. Nous t’avons adoré, malgré les difficultés. Si le bouddhisme est ici encore plus fervent qu’ailleurs dans cette région du monde, et qu’on a du mal à comprendre certaines pratiques, nous avons rarement ressenti le bouddhisme extrémiste dont on nous avait parlé. Il faut dire que l’on a aussi choisi les sites, en évitant ceux que l’on savait interdits au femmes par exemple. Mais peut-être aussi, maintenant que le pays s’ouvre, et s’occidentalise, que la religion prend un peu moins de place et va suivre le même chemin qu’en Thaïlande ?

Comme souvent aux passages de frontière, on part un peu tristes, mais contents aussi de retrouver la Thaïlande où tout est quand même plus facile pour nous cyclos (possibilité de camper partout, meilleures conditions sanitaires). Nous y ferons, en plus de nouvelles expériences très prochainement…


Nos photos de Yangon par , celles du lac Inle et ses environs, par là-bas !


Une réflexion sur “Comme des backpackers bien chargés de Yangon à Inle

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