La découverte du Myanmar à toute vitesse (ou presque) !

Voici un extrait de notre journal de bord pour vous raconter cette traversée de frontière et arrivée en Birmanie un peu hors du commun :

J 212 – Mercredi 29 mars – soleil et pluie – 460 km en bateau et bus

De Ranong (Thailande), à Myeik (Myanmar)

Le matin, on n’est pas super efficace (on s’est couché tard la veille). On communique avec Alice et Benoit d’En transat’ qui sont à Kawthoung et devraient traverser aujourd’hui. Peut-être va-t-on se croiser ? Nous passons au marché avant de partir comme on sait pas trop s’ils vendent de la nourriture là-bas ;). On a toujours un peu d’appréhension quand on passe une frontière, mais, une fois n’est pas coutume, c’est aujourd’hui Ana qui est un peu stressée. On cherche en vain une lotion d’aloé vera (oui, comme on est prévoyant, on cherche ça dans une petite ville frontière miteuse et perdue) et on arrive au port.  Un gars nous accoste pour nous proposer son bateau à 200 Baht (enfin, il nous propose la traversée, hein, pas le bateau :)), on accepte. C’est surement le tarif, comme on nous l’avait déjà proposé au même prix 2 jours plus tôt. En plus, c’est free pour les vélos. On s’apercevra ensuite que pour les locaux, c’est 40 Baht, mais bon, ça fait vivre l’économie locale, nous dirons-nous. Vient le passage à la douane thaie. Comme les autres fois, on tombe sur une dame aussi aimable qu’un Sarko en visite en banlieue (ou qu’une porte de prison, mais ça faisait un peu classique ;)). Sauf qu’en plus, elle nous fait comprendre par geste (parce qu’elle baragouine à peine quelques mots d’anglais) qu’on doit aller au bureau de l’immigration et payer 30$ chacun si on veut qu’elle nous tamponne (notre passeport, pas nous). Hein ? WTF ?!? Elle nous file le papier qui dit qu’on a droit à 2 entrées par voie terrestre gratuites. Ben oui, et alors ? On lui explique que ce n’est que la deuxième fois, qu’on nous a laissés entrer, maintenant il faut nous laisser sortir (bo**** de m****)? Mais non, rien à faire, elle ne veut pas ! Heureusement, un gars qui attend dans le bureau lui dit « Non mais je crois qu’ils ne veulent pas revenir ». Ben non, on ne veut pas revenir ! (Enfin, si, mais plus tard, ne l’embrouillons pas…) En fait, elle pensait que nous voulions faire comme tout le monde ici : un « visa run » pour prolonger notre visa thai (NDLR : comme nous l’avions fait pour le Laos). C’est d’ailleurs pour limiter cette pratique que la nouvelle politique de 2 entrées par an sans visa a été instaurée. Du coup, elle nous demande nos visas birmans puis tamponne nos passeports. On charge tout dans le bateau, et on attend, vachement longtemps, qu’il se remplisse. (NDLR : C’est long car il y a environ une vingtaine d’embarcations dont les passeurs font la réclame pour traverser le plus vite possible. Le nôtre n’est pas très bon et il galère à rameuter assez de gens.) Juste quand on part, on croise Alice et Benoit. Enfin, on les aperçoit plutôt, qui débarquent avec leurs vélos couchés. Zut, encore loupé ! On leur lance un salut, et on part pour la traversée. C’est assez rapide même si on fait une pause sur une sorte d’ile où notre conducteur descend avec tous les passeports des locaux, et avec notre photocopie du notre qu’il présente certainement à des frontaliers, on ne comprend pas trop… Puis on débarque au Myanmar, directement dans la ville ! Pas au bureau de l’immigration, non, dans une rue ! C’est ensuite à nous d’y aller ! Ce n’est pas très rassurant (Imaginez qu’on se fasse contrôler avant d’avoir le tampon…), mais c’est comme ça que ça se fait, a priori… Plein de gens se jettent alors sur le bateau pour nous aider à décharger. Sympas, les birmans ! On se demandera plus tard si on aurait pas dû leur filer un petit bifton… Ensuite, on se fait indiquer l’immigration, un peu plus loin dans la rue, et on va faire tamponner notre passeport à tour de rôle. A noter qu’il nous faut deux fois l’impression du e-visa ! Heureusement que nous étions prévoyants (enfin, surtout Paul, notre super hôte à Chaam, qui nous l’a imprimé en double !). Là, un gars dont on ne sait pas trop d’où il sort arrive et nous donne plein de conseils, nous montre le guichet pour les bus, où changer de l’argent, où manger. Il négocie même avec le gars des bus pour baisser le prix du ticket pour les canassons. Car oui, on et obligé de prendre le bus entre Kawthoung et Myeik, la route n’étant pas ouverte aux étrangers (pour leur sécurité, soi-disant). On achète nos billets de bus et on va prendre notre premier repas birman. Super bon, et pas cher ! Chouette, ça, ça va être cool la Birmanie ! [NDLR : En fait, après, on s’est aperçu que la bouffe n’était pas toujours aussi bonne.] On part ensuite à midi pour environ 10h de bus (mini-van). Ca va être long. Et surtout extrêmement frustrant. En effet, la découverte du pays est beaucoup moins appréciable depuis les fenêtre d’un minibus filant à vive allure que depuis une selle de vélo. Heureusement, nous sommes avec des birmans, que le bus est allée chercher chez eux en partant :). (Il y a encore quelques années, cela n’aurait pas été possible car il y avait un bus spécial touriste.) A chaque fois, toute la famille est là pour dire au revoir. C’est qu’ils ne doivent pas faire le trajet tous les jours. Une grand-mère qui disait au revoir à sa fille et petite fille monte dans le bus pour nous embrasser et nous caresser la peau ! On sent qu’ils ne doivent pas voir des étrangers tous les jours dans le coin. Même si on est frustrés de ne pas pouvoir pédaler, on ne regrette pas non plus de faire cette portion en bus car cela aurait été très long et pas très joli, car il n’y a que des champs d’hévéas et de palmiers à huile. Des plantations qui feraient presque passer les chinois pour des petits joueurs. On croise des villages de tentes qui font penser à des bidonvilles dans ces plantations, qui semblent appartenir à de grosses boites qui exploitent emploient des ouvriers agricoles. On traverse même un village avec son école, ses logements, sa piste d’atterrissage et son golfe (!) perdu au milieu des palmiers, qui fait très gestion paternaliste des  industriels des années 30 (ou plus…). Malgré l’observation et la découverte par les fenêtres, le trajet est long et on est vraiment serrés. En plus, de temps en temps, la clim s’arrête et on crève de chaud. La route est vraiment en mauvais état et parfois, le chauffeur coupe la musqiue pour pouvoir se concentrer pour passer (alors que la plupart du temps, il la met à fond…). C’est marrant car dans ces moments-là, tous les passagers du bus semblent retenir leur souffle, le temps se fige, et… c’est passé, ça repart ! D’un point de vue musical, le pays est génial : la musique occidentale à la mode est Bon Jovi ! Loris est aux anges (« comme quoi un pays qui a 30ans de » retard »  à cause d’une dictature, ça a des avantages 😉 » dira-t-il).  On fait plusieurs pauses dans des sortes de relais routiers où les toilettes sont la plupart du temps dégueulasses, à tel point qu’on préfère se retenir. A chaque pause, le chauffeur vient  voir Loris, lui attrappe le bras et lui annonce les temps de pause, en murmurant presque, comme si cela était une info à ne pas divulguer, une secret à ne pas répéter sous peine de finir en prison. Ambiance mystérieuse garantie ! A la dernière pause, aux alentours de 21h, on mange des beignets (pas faim pour un vrai repas) et on apprend qu’on arrivera finalement vers minuit ! On essaie alors d’expliquer au chauffeur qu’on ne sait pas où dormir en arrivant. On voit un hôtel sur maps.me (assez bien noté), donc on lui indique, en espérant qu’il sera ouvert en plein milieu de la nuit… A l’arrivée à Myeik, on perd pas mal de temps car il dépose chacun exactement là où il va (en même temps, vu l’heure, c’est mieux) et on est les derniers ! On arrive finalement à la White Pearl Guesthouse, on réveille les gens de l’accueil en tambourinant à la porte, et on peut aller se coucher ! Il est 1h30…



Une réflexion sur “La découverte du Myanmar à toute vitesse (ou presque) !

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s