Une semaine de vacances à Louang Prabang (et ses environs)

Du 17 au 24 janvier,  nous sommes rejoints par les parents d’Anabelle,  qui passeront une semaine avec nous. Nous décidons de rester aux alentours de Louang Prabang, où il y a pas mal de choses à voir,  pour que cette semaine soit reposante, pour eux comme pour nous. Poser nos vélos ne pourra être que reposant… 

Nous arrivons aux alentours de l’ancienne capitale dans l’après-midi du 15 janvier. Notre première mission est d’y dégoter un hébergement pour nos 2 premières nuits ici. Tout de suite, ça s’annonce compliqué. En effet, la ville est très ultra toursitique. En même temps c’est le problème d’être cyclo, après des passages dans des endroits où pas un touriste ne passe (à part en bus), dès qu’on en croise 4 ou 5 on trouve que c’est touristique. Tous les hébergements sont bien plus chers que ce qu’on a l’habitude de payer, et pour une qualité assez médiocre. On en visite 4-5, puis on se décide pour la Mojo Guesthouse, où on est dans une chambre petite et humide, avec salle de bain et lumière de l’extérieur plus générateur qui fait un bruit fou juste devant notre fenêtre… Tout ça pour 80000 kip (10 €), ce qui n’est pas cher en soi, mais au dessus de ce qu’on paie d’habitude. On part ensuite se balader dans le centre, car notre GH a quand même l’avantage d’être située en plein dans le quartier vivant de Louang Prabang. On comprend tout de suite poourquoi cette ville est si touristique : entourée par des montagnes, elle s’est bâtie au pied d’une colline (le mont Phousi) elle-même située entre 2 cours d’eau : le Mékong et la rivière Ou. Le site est donc de toute beauté. On marche le long de la rivière dans une rue où un tiers des bâtiments sont des restos à touristes, un tiers des salons de massage, un tiers de temples, et le dernier tiers des guesthouses (oui cela dépend de la taille des tiers 😉 ). Tout est très mignon, très touriste-friendly. Les restos sont souvent décorés avec de petits lampions de couleur, ils affichent des menus en anglais, écrits en couleur sur des ardoises ou sur des panneaux entourés de bambous. Bref, c’est mimi. Mais ça fait bizarre quand même, ce n’est pas le Laos auquel on était habitué, et puis dans le centre, on a l’impression qu’il y a plus de falangs* que de locaux. On entend d’ailleurs beaucoup parler français autour de nous.

Laos du Nord

Le lendemain, nouvelle mission : se chercher une autre guesthouse pour les 4 nuits où nous serons ici avec les parents d’Anabelle, celle où nous étions la nuit passée n’étant vraiment pas top. Cela s’avère vraiment compliqué de trouver 4 places dans la même guesthouse, dans un équilibre budget-confort correct. On en dégote finalement une qui n’est pas dans le centre mais est vraiment charmante, et qui propose des lits en dortoirs, mais on pourra être dans un dortoir à 4 avec salle de bain. Cela conviendra donc bien. C’est anciennement Sa sa lao (sa sa signifie doucement en lao, et est un mot qui peut être utilisé souvent au Laos), maintenant Fan Dee car le gouvernement les a fait changer de nom… Ils acceptent de garder nos vélos et sacoches pour les 2 jours où on ne sera pas là, car on a prévu de partir dans un petit village un peu plus au Nord avant de revenir sur Louang Prabang. 

La journée passe donc très vite : on se balade encore, on fait quelques courses, on prend un bain de toursites au Night market où on mange de la street food. A 21h, Monique et Pascal nous envoient un message : ça y est, ils sont arrivés ! Joyeuses retrouvailles après plusieurs mois de séparation. En plus, ils nous ont apporté plein de cadeaux, dont… des chocolats fait par Papy Paul, le papy d’Anabelle, qui en fait chaque année pour Noël et nous en avait mis de côté ! Miaaaaaaam ! Ca faisait un moment qu’on n’avait pas mangé de bon chocolat ! Et ceux-ci sont vraiment délicieux !

Miam Miam 🙂

Petit virée dans un village (presque) perdu

Le 17 janvier au matin, on se rejoint devant notre GH où l’on s’est donné rendez-vous à 7h avec le chauffeur de tuktuk, qui nous conduit à la gare de bus. Là, on prend nos billets puis on attend le bus pour Nong Kiaw. Les bus au Laos, c’est parfois un peu compliqué, et il faut savoir être patient : il y a un horaire de départ, mais seulement à titre indicatif. En pratique, quand le bus arrive, les passagers présents montent, puis on attend qu’il soit plein pour partir. Conséquence : il peut partir bien après l’heure de départ indiquée… ou bien avant (nous l’apprendrons à nos dépends un peu plus tard) !

Pour ce trajet-ci, tout se passe bien (si l’on omet le chien écrasé par notre chauffeur après quelques kilomètres de route…) : on part à peu près à l’heure, on est tous les 4 serrés sur les sièges du fond, mais comme on est contents de se retrouver, cette convivialité imposée ne pose pas de problème. A Nong Kiaw, on reprend un tuktuk pour aller à l’embarcadère, où l’on trouvera le bateau pour Muang Ngoi, où nous nous rendons. (Qu’est-ce qu’on est dépendants des transports sans nos vélos… On envie pas les backpackers pour qui c’est le lot de tous les jours !) Le trajet en bateau jusqu’au petit village de Muang Ngoi est rigolo. On est assis face à face, bien serrés de chaque côté de notre « long boat » (on n’est loin d’être les seuls à se rendre là-bas), et on en prend plein la vue : la rivière est entourée de falaises et de montagnes, ça mitraille de tout côté.  On a de la chance, notre longboat est en bon état. Ce n’est pas le cas de celui d’à côté, où les gens ont été mis à contribution pour écoper ! Des locaux sont également présents : ils ont fait l’aller-retour depuis Muang Ngoi pour ravitailler un resto : en effet, la route n’arrive pas jusqu’au village.

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Nous arrivons alors à Muang Ngoi, notre fameux petit village. Perdu, parce qu’il nous a presque fallu la journée pour y arriver, mais qui est en fait parfaitement aménagé pour le tourisme. Nous retrouvons les mêmes guesthouses et restaurants « falang friendly » qu’à Louang Prabang et l’électricité y est maintenant en continu, là où elle était assurée par deux générateurs de 18h à 21h il y a encore une demi-douzaine d’année. Il a malgré tout gardé une authenticité propre aux villages Laos, avec ses animaux dans les rues en terre battue, son terrain (vague) de foot devant l’école/collège, ses terrains de volley, ses jeunes enfants qui jouent dehors. On se trouve rapidement une guest house toute simple (huttes en bambou) puis on va explorer les environs. Le gérant nous conseille le point de vue qui domine le village, d’où le coucher de soleil est splendide. Le chemin pour y accéder est en revanche plutôt escarpé et franchement glissant (la jungle le maintient humide), on renoue donc un peu avec l’escalade ! C’est cool, ça nous manquait, mais bon, d’habitude on est attaché quand même, hein ! Monique et Anabelle craignent que la descente soit hardue, mais en prenant le temps, tout se passera comme sur des roulettes ! Sur le chemin, on entre dans des grottes joliment sculptées, avec des puits de lumières par endroits. En haut, le paysage est effectivement magnifique, et le coucher de soleil splendide sur la rivière, entre les montagnes. 

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Ca grimpe raide !
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Mais la vue semble prometteuse
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La bonne humeur est donc au rdv

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Et l’ascension est bien récompensée !

Le lendemain, on a décidé de faire la rando classique recommandée par les guides, qui passe dans une grotte, et dans des villages de minorités ethniques. On part assez tôt, mais malgré tout, ça tape. La vue sur les rizières, parfois sèches, parfois vertes, surplombées par les montagnes, on ne s’en lasse pas. Souvent, le long de la route, on voit des métiers à tisser, mais on ne voit pas souvent les personnes à l’ouvrage. Réelle occupation ou attrape-touriste ? Car évidemment, il y a toujours à côté un stand de tissus à vendre.

Nord du Laos
Rizières et pics karstiques,…
Laos du Nord
…tissage des sinhs sur les métiers,…
Laos du Nord
…grottes mystérieuses, anciennes cachettes des guerriers viet-minhs…
Laos du Nord
…et petits villages aux maisons typiques…
Laos du Nord
… construites en bambous tressés, jalonnent notre journée. 
Laos du Nord
On en profite pour se mettre au rythme Lao.
Laos du Nord
« Sa Sa » comme on dit ici.

Le soir, c’est l’anniversaire de Monique. On décide de le fêter dignement en prenant pour le dessert des bananes flambées au laolao, l’alcool de riz du Laos. C’est aussi ici, à Muang Ngoi, qu’on découvre le laab et le suzi, et ceux qu’on y mange sont les meilleurs qu’on ait goûtés au Laos, dans un petit resto qui ne paie pas de mine, en face d’un autre beaucoup plus aménagé pour les toursites, avec des coussins et des lampions.

Le 19 janvier, nous repartons pour Louang Prabang. On a repéré que depuis Nong Kiaw, où l’on arrive en bateau vers 10h, 2 bus repartent à Louang Prabang aujourd’hui : un à 11h et un à12 h30. Nous, ça fait un moment qu’on a envie de tester le « herbal sauna » lao, et on a vu qu’il y en avait un à Nong Kiaw. On décide donc d’y aller, et de prendre le 2ème bus. Sauf que quand on arrive à la gare de bus, à 12h30 pétantes (on a fait tirer sur le chemin pour bien être à l’heure), on nous annonce que le bus est déjà part (et aussi que le bus retour est plus cher qu’à l’aller, ils savent qu’on ne veut pas rester ici et que dans ce coin paumé on à pas vraiment d’autre choix).

Nous : Comment ça ? Il devait partir à 12h30 !

Le guichetier : Oui, mais il y avait beaucoup de monde à 11h, le 2ème bus s’est rempli, donc il est parti.

Nous : ><

Le guichetier : Bon, il yen a un autre dans l’après-midi, peut-être à 13h30, peut-être à 14h, peut-être plus tard.

OK, on s’est fait avoir une fois, ça ne nous arrivera plus. On attend donc ici, en pique-niquant et en espérant qu’il se remplira lui aussi assez vite. On lorgne avec envie une partie de « pétang », mais on n’est pas invités à se joindre aux joueurs. Dommage. Finalement, à 13h30, le bus est plus que plein (les 3 derniers, 3 grands costaux, doivent se serrer sur 2 sièges s’ils veulent partir aujourd’hui) et nous partons. Loris passera le trajet sur le siège du milieu de devant, entre le chauffeur et sa femme. Pas la meilleur place (voir carrément pourrie), à sautiller sur chaque petite bosse de la route… Vraiment, les transport normaux (c’est à dire pas à vélo 😉 ), il n’apprécie pas toujours !

Sinon, le herbal sauna, c’était rigolo : c’est un peu comme un sauna classique sauf que ça sent les herbes (!) et c’est plus humide ; on nous prête des habits appropriés (un caleçon pour les hommes, un sinh pour les femmes – on ne se met pas en maillot de bain ici), et à la sortie, on s’asperge avec de l’eau fraiche stockée dans une cuve.

Louang Prabang la belle, au rythme du Mékong et du bouddhisme

Comme on loge dans une partie plus éloignée du centre que les 2 premiers jours, c’est beaucoup moins touristique et on est à nouveau au milieu des locaux. On apprécie. 

Laos du Nord
On a une grande piscine pour nous tous seuls (la rivière « Nam Ou ») ! Avec les gamins du coin qui en profitent aussi 🙂
Pendant ce temps, Monique pratique son Qi Gong. Ah non ! En fait elle prend des photos.

On essaie de manger le plus souvent possible dans des restos pour laos, moins chers et tout aussi bons (voire meilleurs) que les restos à touristes. Notre préféré, c’est chez un couple de l’âge de nos parents, qui se complètent parfaitement : chacun a l’air d’avoir ses spécialités : madame fait les banana pancakes, monsieur le riz frit, madame coupe les légumes, monsieur part chercher à vélo les ingrédients qui manquent. Par contre, comme toujours au Laos, il ne faut pas être pressé. En effet, ils n’ont pas vraiment de stocks dans les provisions, ce qui oblige monsieur à faire un aller retour à chaque fois qu’un client commande (pas de gâchi, au moins et c’est donc 100% frais et 100% maison assuré ! :)). Quand madame fait 4 pancakes, elle prépare la pâte pour 1, puis le fait cuire, passe au 2ème, et ainsi de suite ! On en connait une que ça aurait fait criser ! A nous, ce rythme de vie, ainsi que le mot « sa sa » (lentement) nous plaisent bien. Globalement, au Laos, les restos sont beaucoup sur ce modèle : on cuisine maison, quand le client a commandé et pas à l’avance, et on prend son temps 🙂

Les pauses au resto nous permettent donc d’avancer notre notre carnet de bord ! (mais pas notre blog… ;))

Dans cette ancienne capitale, il y a énormément de choses à visiter, et on sait déjà qu’il va falloir faire des choix.

On se promène beaucoup dans la ville, dont le centre est classé au patrimoine mondiale de l’Unesco. Il mêle architecture coloniale et maisons plus simples. Partout, des fleurs de toutes les couleurs : poinsettias, bougainviliers, et des camélias par milliers. Des jardins bordent souvent les maisons, ce qui fait que la ville est très verte. Même lorsqu’on s’éloigne du centre, les maisons restent espacées, et, chose très interessante, il n’y a pas d’immeubles, ce qui en fait une ville charmante. Comme dans tout le Laos, même si c’est l’endroit où cela était le moins vrai, l’ambiance y est détendue.

On passe également dans des temples, car la ville en est remplie : petits monastères calmes ou grosses pagodes touristiques, il y a de tout à Louang Prabang. Comme on a vu que vous appréciez beaucoup la culture, voilà une petite explication sur cette ferveur religieuse. Elle provient du fait qu’une statue d’un bouddha, soit disant d’émeraude, répondant au nom de « Phra Bang » (on ne sait pas si c’était le nom du bouddha ou juste de sa statue) aurait été ramenée ici depuis le Sri Lanka en 1358, ce qui aurait lancé le développement de la ville sur le thème de la religion. D’ailleurs, tant que nous sommes dans la culture, sachez qu’en Lao, « Luang », que l’on retrouve dans de nombreux noms de villes, veut dire « le lieu ». Vous avez donc compris le nom de cette ancienne capitale. Saurez-vous alors nous donner la signification de « Luang Nam tha » où nous sommes passés précédemment ? (on attend vos réponses dans les commentaires).  

S’il y a beaucoup, beaucoup, beau-coup (!) de temples, il y a aussi beaucoup de moines : beaucoup d’entre eux ne sont pas originaires de la ville mais y sont venus pour ses attraits. L’exode rural opère également dans le monde séculier ! (Woooh, la phrase de ouf !). Les moines,  n’ayant pas le droit d’utiliser l’argent, vivent de la charité des fidèles. Au petit matin ils vont donc arpenter les rues, avec leur petit panier, pour recevoir leur nourriture (principalement du sticky rice). Les plus fervents fidèles y sont quotidiennement. Certains, juste pour les grandes occasions, les jours spéciaux pour eux, tel que les anniversaires des enfants. Si vous souhaitez voir la proccéssion un peu plus authentique que dans le centre, où le charme a complètement disparu car on y trouve uniquement des touristes chinois qui font les offrandes, rendez vous plutôt dans « la banlieue », au niveau du pont réservé aux 2 roues. Vous serez seuls dans la rue, dans la pénombre silencieuse de la fin de la nuit, avec quelques fidèles qui attendent au bord de la route avec leur panier de « sticky rice », et vous verrez alors arriver une file de plusieurs centaines de moines, bien alignés les uns derrières les autres. Ambiance mystérieuse assurée !

La collecte des offrandes par les moines, au petit matin. Ils sont ici seulement quelques uns, mais nous avons pu observer une file dont on n’apercevait pas la fin.

Ce qui est cool, c’est que ces temples sont anciens, seulement entretenus mais pas restaurés, et ils sont donc bien plus authentiques que les temples récents, fait de béton, et surtout beaucoup moins kitch. Des mosaïques très colorées, de scènes villageoises de l’époque de construction des temples, où le tigre est très présent, accompagnent les peintures de la vie du premier bouddha, et les éléments qui ont marqué la période méditation, de plusieurs jours, qui lui permit d’atteindre le nirvana, tel que l’arbre des montagnes ou encore Naga, le dieu de l’eau, serpent à plusieurs têtes (au Laos il est souvent représenté avec 3), qui l’a abrité d’une tempête. Sans oublier les innombrables statues de différents bouddhas, petits, grands, gros, dans différentes positions, couchés, debouts, assis, en or, en marbre, en métal… Il y a souvent des histoires à propos des bouddhas (qui, avant d’atteindre l’éveil, étaient de simples hommes, comme vous et moi). Celle du bouddha qui a un gros ventre nous a bien fait rire : ce moine s’efforçait chaque jour à suivre les préceptes du bouddhisme pour atteindre l’éveil. Mais il était tellement beau gosse qu’il n’arrêtait pas de se faire courtiser par les jeunes filles du village. Du coup, il a demandé aux dieux de le rendre laid, pour pouvoir méditer en paix, et ceux-ci l’ont affublé d’une bonne bedaine ! Nous, il nous plait bien, comme ça 🙂

Il faut savoir que les moines disposent de toute une tripoté d’objets pour te réveiller au petit matin. Ici, quelques éléments comme la grosse timballe de 2 mètres de diamètre, avec laquelle on peut faire du bruit soit en tapant dessus avec un gros bâton, soit en glissant, pendant longtemps, ses mains sur la petite bosse afin de le faire rentrer en résonnance, ou un gros tambour assez parlant ! Sans oublier, bien sûr, leur voix ! Car les prières bouddhistes sont très souvent chantées. 🙂

Au cours de nos promenades, on prend le pont en bambou sur la Nam Ou, en s’acquittant au passage d’un petit billet. Ce pont est en fait emporté chaque année à la saison des pluies, et reconstruit à la saison sèche. On passe aussi plusieurs fois devant le Mekong, où on se fait alpaguer par les bateliers qui nous proposent des tours pour voir le village des potiers, celui des tisserands, ou le coucher de soleil. C’est le long du Mékong, aussi, qu’on remarque l’agence de l' »Elephant Conservation Center ». On entre y jeter un coup d’oeil, et on est tout de suite embarqué dans la cause des éléphants, avec Céline, qui y est bénévole depuis quelques temps. Son copain et elle voyagent depuis 2 ans en s’arrêtant faire du bénévolat pour la cause animale dans les pays qu’il traversent. C’est chouette, même si ils se déplacent en voiture ;). Pour en savoir plus c’est ici : around-the-rock.overblog.com. Elle nous explique pourquoi les éléphants sont amenés à disparaitre bientot, et comment le centre de conservation essaie de les faire retrouver un milieu naturel et se reproduire. Ce qui n’est pas facile : l’accouplement se produit assez rarement (les femelles comme les mâles ne sont pas souvent en chaleurs, et il faut également que les deux partenaires se plaisent), la gestation dure 22 mois (!), puis la mère s’occupe de son petit pendant plusieurs années avant de pouvoir en concevoir un autre… Les propriétaires d’éléphants domestiques ne se donnent donc jamais la peine de les faire se reproduire car ils ne peuvent alors plus « utiliser » leur maman éléphant pendant presque 4 ans. En milieu sauvage, entre la destruction de leur habitat et  la prédation (par qui, à votre avis ?), difficile pour les éléphants de survivre… En effet dans le Nord du Laos (la dernière zone d’habitat des éléphants de ce pays), l’extractivisme (cliquer sur le mot pour en savoir plus 😉 ), (dont la France continuera allègrement à prendre part pour les 5 prochaines années, car les francais ont voté majoritairement pour l’exploitation de la nature et de l’être humain), est malheureusement aussi à l’œuvre. Alors que du micro hydroélectrique aurait suffit pour alimenter tout les villages du coin, les gros barrages, construis par les chinois sur commande du gouvernement Lao, noient d’importantes parts de forêt, détruisant par là même occasion des voies de communiquations ancestrales sur les rivières, pourtant encore très utilisées par les locaux. Les forêts commencent malheureusement ici aussi à être rasées, afin d’y planter des champs d’hévéas pour fabriquer les pneus de nos voitures, détruisant par la même occasion que l’habitat des éléphants, une biodiversité très riches qui permettait aux ethnies des montagnes de pouvoir vivre sans avoir défricher des millier d’hectares pour cultiver du riz. Bref, comme presque partout dans le monde, on se dirige vers un droit de saccager la planète sauf dans quelques parcs protégés.

Poinsettias et pont éphémère en bambous, sur la Nam Ou
Laos du Nord
Les « long boats » (l’anglais, « terre à terre », est parfois bien plus pratique la langue de molière), moyens de transport, mais aussi lieu de vie des bateliers
Laos du Nord
Les berges, à découvert pendant la saison sèche (le Mékong peut descendre de 7 à 10 mètres tout de même), des terres fertiles pour le potager
Laos du Nord
Parfois même, de iles apparaissent et l’on y construit des abris temporaires, qui seront emportés à la saison des pluie, à coté des plantations

Une fin d’après-midi, on se laisse séduire par un jeune conducteur de pirogue qui nous raconte un peu sa vie et on part avec lui pour le village des tisserands/fabriquants de papier puis pour le coucher de soleil. On ne regrette pas cette expérience, même si a visite du village n’est pas extraordinaire, car Mister Phet (qui signifie piment) est adorable, marrant, et il nous apprend plein de choses sur la vie des laotiens. Lui-même a été moine dans sa jeunesse (comme beaucoup de gamins des villages, nous dit-il, car cela permet d’avoir accès à l’éducation gratuitement, et d’apprendre l’anglais), puis il a travaillé plusieurs années dans un hôtel cinq étoiles de Louang Prabang pendant lesquelles il a économisé assez d’argent pour pouvoir se payer son bateau. Il y vit 9 mois de l’année, avec sa femme et son fils (il y a une cuisine au fond du bateau, et ils dorment sur le pont, sur des matelas), et rentre dans son village natal pendant la saison des pluies, car il n’y a plus de touristes à Louang Prabang. Il s’y connait très bien en navigation car il vient d’un village de pêcheurs à plusieurs dizaines de kilomètres en amont, et il avait l’habitude d’aller pêcher avec son père depuis tout petit, puis d’aller vendre le poissson au petit matin à Louang Prabang. Ses  2 frères ont pu, comme lui, aller au lycée par le biais du monastère, mais ses soeurs n’ont pas eu cette chance et se sont mariées très jeunes. Au Laos, même s’il y a quelques (rares) femmes moines, ce dispositif d’écucation pour les pauvres n’existe que pour les garçons… Pour les pauvres, car, comme nous l’a précisé Phet, les habitants des villes, qui ont plus de moyens, n’ont pas envie d’être moines et fréquentent donc le lycée ordinaire. Les cours dans les temples sont dispensés par des professeurs qui ont été moines à un moment de leur vie, et financés par le gouvernement. Un état communiste qui finance une réligion !

Laos du Nord
Nous remontons d’abord le courant pour aller voir un village en amont
Anabelle et Pascal, accompagnés de Mister Phaet (prononcer pèt’) au volant, et d’un révolutionnaire cubain en exil

Laos du Nord

Laos du Nord

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La fabrication du papier : 1) Récupérer l’écorce d’un arbre qui pousse dans les montagnes. 2) La broyer. 3) Etaler ce broyat sur une grille très fine et faire tremper dans de l’eau. 4) Sortir la grille et la faire sécher une journée au soleil. NB : Peut aussi fonctionner avec comme matière première… de la crotte d’éléphant !
Laos du Nord
Mmmh, intéressant tout ça, grâce aux explications que notre conducteur de bateau nous traduit. Il ajoute que ces femmes ne vivent pas de cet artisanat, c’est plus un passe-temps pour elles car elles sont pour la plupart femmes de hauts fonctionnaires…

Le coucher de soleil sur le fleuve est sublime, on prend environ 250 photos… La luminosité une fois le soleil parti est fabuleuse, aussi. On reprend une cinquantaine de photos. Quand on revient sur le quai, il fait presque nuit, et les autres bateaux qui étaient partis pour une « sunset cruise » sont rentrés depuis longtemps, comme nous le fait remarquer notre chauffeur, qui tient à ce qu’on lui fasse de la pub ! Mais on le fait vraiment avec plaisir, tant il nous aura charmés pendant ces 2h30.

Laos du Nord

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Dans les immanquables, à LPB (oui, vous aurez remarqué, je n’arrête pas d’écrire Louang Prabang, donc maintenant ça sera LPB), il y a les chutes de Kuang Si, qui sont très fréquentées des locaux qui vont pique-niquer le weekend. On comprend pourquoi ! Ces chutes sont énormes, majestueuses, il y a plein de cascades et sur différents étages. La rivière est bleu azur, on peut se baigner dans des bassins naturels. Bref, c’est top ! Malheureusement, comme on y est allés en tuktuk, on n’a que 2h sur place, alors qu’on aurait pu y passer sans problème la journée… On n’a pas été bon sur la négooce…

Laos du Nord

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Il y a d’autres chutes à 15 bornes de LPB, auxquelles on se rend en vélo, mais elles sont presque à sec au plus fort de la saison sèche. Dommage, car sinon, cela doit être joli aussi. On monte malgré tout le plus haut possible, et on peut se baigner dans un bassin d’eau turquoise, agrémenté de petits jets. 

Dernier must : la visite du mont Phousi, une montagne-temple, remplie de bouddhas, et qui domine la ville. On nous a dit d’y aller pour le coucher de soleil, car il est magnifique, vu de là haut. On suit donc le conseil, et on y monte en fin d’après-midi. La vue sur la ville et ses environs est effectivement très belle.

Laos du Nord

Laos du Nord

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Pas un immeuble en vue, beaucoup d’arbres, c’est beau pour une ville non ?

Quant au coucher de soleil… il sera beau, pas de doute, mais on ne sera pas vraiment tous seuls à en profiter. Heureusement qu’on est venu un peu tôt, et qu’on a  pu l’attendre assis, en se faisant une coinche ;), car quand il commence à décliner, on ne peut plus se bouger… 

Laos du Nord

Laos du Nord

Laos du Nord
Bon, c’est quand même vrai qu’il est beau !

Ça y est, le départ arrive. Avant, Loris a droit à une petite séance de coiffure/barbier. Dernier petit bain dans la rivière, puis ce sont les au revoirs… Chouette semaine de vacances, mais pas sûr que nous en sortions plus reposés… (comme toutes les vacances, en fait !)

Avant – Pendant – Après 😁

* « Falang » était le terme utilisé à la base pour désigner les français, mais il s’est maintenant élargi à tous les occidentaux.


2 réflexions sur “Une semaine de vacances à Louang Prabang (et ses environs)

  1. Que de beaux souvenirs!!!!
    Merci pour ce bel article qui nous évite de faire un carnet nous mêmes
    Certains disent que Luang Prabang est une des plus belles villes d’Asie. Nous voulons bien le croire, surtout si on compare une ville de 50 000 habitants avec des métropoles de plusieurs millions!
    En tout cas, cela restera comme un de nos grands souvenirs de voyage, avec un cocktail:
    – beautés naturelles
    – merveilles des ouvrages des hommes
    – gentillesse et sérénité des habitants
    – bon repas
    que nous avons peu trouvé! (mais nous sommes certainement aussi influencés par le contexte de notre voyage!)
    Oui, une semaine de bonheur dans ce lieu en votre compagnie!!!
    Nous sommes prêts à recommencer!
    Réponse partielle au quizz: le lieu de la rivière « Tha », on ne sait pas ce que signifie « Tha ».
    Bon courage pour parcourir les zones montagneuses.
    On vous embrasse
    Monique et Pascal

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