Arrivée en Chine, visite de Beijing

Arrivée à Beijing : le choc !

Oui, car passer de la tranquilité de la Sibérie profonde, et du calme d’un train russe en coupé, à l’agitation d’une ville chinoise, cela fait un choc ! Nous nous rendons compte très vite après notre débarquement que cela va nous changer.

En effet, alors que nous remontons nos vélos sur le quai, déjà 5-6 personnes s’attroupent autour de nous et nous observent, parlent à Loris, qui évidemment ne comprend rien, lui donnent des conseils sur comment remonter son vélo, lui disent quels éléments ne servent à rien et qu’il devrait enlever selon eux. Ca, il a compris car un gars lui faisait des gestes très explicites concernant les garde-boues (ok, il a un peu raison : parfois les garde-boues c’est super chiant) ou les sacoches avant (là je suis plus sceptique 😉 ). Après une bonne heure passée à remonter les canassons, nous empruntons le sous-terrain qui mène à la sortie de la gare. C’est la cohue ! Avec un train qui arrive à peu près toute les 5 minutes, il y a du monde de partout ! Et encore, heureusement, personne ne peut rentrer dans la gare s’il n’a rien à y faire, les vérifications des billets, à l’entrée et la sortie de la gare, sont très strictes.

Une fois que nous avons réussi à sortir de cette fourmilière, nous sommes vite assaillis par les chauffeurs de taxi qui, après un petit moment où on leur sourit et leur montre nos vélos, se mettent à rire, à taper la discute avec Anabelle et à nous féliciter pour notre voyage. Et on s’aperçoit très vite que le fait qu’Anabelle parle chinois va nous permettre un voyage beaucoup plus plaisant et enrichissant.

Les chinois et les transports, surtout plus de sport

Comme notre hôte du soir, Bin, n’est disponible qu’en fin d’après-midi, nous partons visiter la ville en vélo. Arrivent alors les premiers coup de pédale dans la capitale chinoise. Les canassons sont surexités de pouvoir enfin sortir les sabots de la gadoue, de la neige et du sel (car oui, c’était leur quotidien depuis Riga). Si bien que quand Anabelle essaie de tourner pour la première fois, Eclair rue et l’envoie s’effondrer sur la chaussée… Seul le guidon avait tourné, pas la fourche et la roue, la vis le liant à la potence ayant eu a priori un petit oubli de serrage dans la précipitation, sur le quai de gareˆˆ. A part cela, ça ne se passe pas si mal que ça, malgré nos craintes ! En effet, tous les grands et moyens axes (ou presque) possèdent une large bande cyclable (large comme une à deux voies de voiture !), pas trop fréquentée, ce qui fait que nous nous sentons en sécurité :). Au début… Mais au cours de la journée, après avoir quitté le centre ville, où des barrières séparaient les bandes cyclables de la route, et même pris quelques bouts de périph’ avec nos vélos (mais c’est prévu pour, hein, ce qui est quand même génial ! ˆˆ), alors que le trafic se densifie, les choses se corsent.

En effet, ces larges bandes cyclables, qui il y a quelques années encore étaient remplies de vélos, le sont maintenant de scooters et autre deux (ou trois) roues,  tous électriques… Beijing, la capitale mondiale de la bicyclette, n’est plus, et c’est bien triste. La moitié des innombrables vélos qui parcouraient ses rues ont été remplacés par les fameux deux roues électriques, et l’autre moitié par des voitures individiuelles… Ce qui a deux conscéquences :

1. D’abord, cela fait quand même un joyeux bordel pour circuler. C’est assez cahotique. Heureusement, nous vous livrons quelques règles essentielles pour survivre dans ce chaos ! C’est ici (dans notre prochain article sur la Chine) :).

2. Ensuite, la multiplication des voitures a créé un véritable carnage atmosphérique… Les taux de particules fines sont dramatiques, atteignants parfois des pics affolants. Pour vous donnez un exemple, on n’a jamais eu (à part à Kunming) un indice de qualité de l’air inférieur à 150, alors qu’en France, le pic qui a tant fait parler à la même époque était à 100-130. Nous atteindrons des sommets à Xi’an avec un indice à plus de 500. Depuis notre hostel, que nous ne quitterons pas de la journée, Anabelle étant clouée au lit (à cause de ladite pollution ?), nous pourrons à peine distinguer l’immeuble de l’autre coté de la rue, et aurons droit, en guise de réconfort, à de la « free » tisane au gingembre, qui, selon le staff, aide à faire passer les grattements au fond de la gorge…
Ah ces chinois, ils ne nous ont pas écoutés quand on leur a dit qu’il ne fallait surtout pas suivre notre modèle de consommation, dont on leur faisait produire les biens, sinon cela serait la catastrophe. Ils sont nouilles alors (coup de timballes) ! S’ils avaient pu comprendre que l’augmentation du niveau de vie ne passait pas forcément par d’abord avoir des smartphones jetables, des grosses bagnoles et des écrans géants… En même temps, peut-être aurions nous été plus crédibles si nous avions commencé par nous préoccuper serieusement de notre modèle, non ? Au lieu de ça, on dit « faites pas comme nous », mais on continue et on accélère même…

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une impression de coucher de soleil tout au long de la journée à travers la pollution…
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…beaucoup moins glamour qu’il n’y parait, nous sommes obligés de nous déguiser en canards !

Vivre à Beijing

Finalement, nous arriverons le soir, en vie et en un seul morceau, chez Bin et sa famille chez qui nous sommes accueillis, comme bien souvent, comme des rois.

Comme à notre habitude nous souhaitons cuisiner pour nos hotes, un bon petit plat bien de chez nous, la quiche étant souvent à l’honneur. On s’aperçoit vite que cela ne sera pas vraiment possible ici, le four ne faisant pas partie des équipements d’une cuisine chinoise… Nous partirons alors sur une ratatouille.

Pour cela nous irons à Auchan (après être allés à Décathlon acheter un nouveau matelas pour Lolo), qui est bien pratique même si on n’aime pas trop filer de la thune à la famille Mulliez qui étend son empire à travers le monde. Cela ressemble à un supermarché en encore plus anarchique, avec en plus les chefs de rayons qui gueulent à tout bout de champ pour qu’on vienne acheter leurs produits. On y trouve par contre des rayons vrac hyper fournis, c’est cool 🙂 Et le rayon des sauces soja fera presque tourner la tête à Loris qui imagine les déglaçages possibles avec ces milliers de litres ! Reste à faire un choix parmi des dizaines de marques. Pour acheter de l’huile, c’est galère aussi… Impossible de trouver des bidons de moins de 5L ! (oui la cuisine chinoises est plutôt grasse). Parfois, on trouve des bouteilles d’1,5L, mais dans les sacoches cela reste lourd.

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Gros avantage de la Chine, on y mange bien 🙂

Pour nous déplacer dans cette immense fourmilière, nous utilisons le métro (bien moins dangereux que le vélo).  Il est très récent. Lors de la première venue d’Anabelle en 2006, il n’y avait que 2 lignes. Depuis, les JO sont passés par là, et il y en a désormais une vingtaine ! On pourrait croire qu’il est dur de s’y repérer, mais il est en fait extrêmement bien organisé, avec des plans qui affichent les prochaines stations pour ne pas se tromper de sens, des cartes avec point lumineux qui montrent où on en est,… Probablement un des plus moderne du monde ! Chaque ligne a ses toilettes ! Et plutôt propres en plus (chose suffisamment rare en Chine pour être signalée). Dedans, les écrans sont omniprésents. Ils semblent diffuser des émissions de télé, mais on n’a pas bien compris si c’était une chaine spéciale pour le métro ou pas. De toute façon, ça n’intéresse personne, car 95% des gens pianotent sur leur téléphone (on a compté : 17/20 dans notre partie de rame, sachant que nous faisons partie des 3/20 qui font autre chose !). Ils sont certainement en train de tchatter sur « we chat » ou « weixin » en chinois, l’application qui permet à Xi Jinping de surveiller toute votre vie (cela va du chat comme whatsapp à une copie de googlemaps, en passant par la gestion de votre compte en banque et de votre dossier médical…), et de vous foutre en prison si cela ne lui plait pas. Cela remplace toutes les applis que google peut proposer, aucun accès au playstore n’étant possible ici. Ils semblent tous très content de l’utiliser et se moquent de la surveillance, du moment que c’est gratuit (même si certains en ont conscience et utilisent des VPN pour contourner la censure/surveillance). Ils n’ont vraiment aucun respect pour Google qui fait pareil, mais au moins il le fait pour de l’argent ! Bon ok, camarade Xi le fait aussi pour de la thune qu’il s’empresse d’aller planquer au Panama, mais il ne le revendique pas ;). (Cet hypocrite profite à la fois du système politique communiste pour faire ce qui lui chante, de l’économie capitaliste pour s’enrichir, et des dérives associées « pas vraiment illégales »* de l’evasion fiscale).

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Autant en Russie ils avaient compris que Staline était un gros taré qui a tué plusieurs centaines de milliers de personnes, autant ici ils n’ont pas tout à fait compris… La révolution culturelle a fait des dégats.

De retour chez nos hôtes, nous cuisinons notre ratatouille, qui sera la ratatouille la plus rapide de l’histoire ! Nous la réalisons en 45min chrono grace au wok triple feux :D, et la dégustons avec des baguettes, ce qui marche très bien. Accompagnée d’un petit côte du Rhône ;). Ca faisait longtemps et on l’apprécie ! On avait remarqué qu’ils avaient quelques bonnes bouteilles dans le salon, donc on ne s’est pas privé pour en ramener une. Ils nous apprendront que malgré qu’ils aient plein de bouteilles de vins, ils ne les boivent jamais en mangeant mais seulement quand ils font des soirées « healthy ». La bonne blague !ˆˆ

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Man Man Che

Après le repas on prend le thé. Ici, on boit le thé, mais pas du tout comme chez nous. On le déguste. C’est un peu comme le vin en France. Et quand on en goute certains, c’est des explosions de saveurs qui valent bien celle d’un chateau-neuf-du-pape ! Il n’en boivent pas forcément le matin dans des grandes quantités d’eau, comme nous, mais plutôt dans l’après-midi, ou le soir après avoir mangé. Et pour le préparer c’est toute une cérémonie, dont chaque geste est indispensable. Un peu plus long que le sachet que nous connaissons, mais qu’est-ce que ca en vaut la peine ! Tout d’abord, il faut une bouilloire de compétition qui donne la température, pour pouvoir l’adapter à chaque type de thé afin qu’il libère tous ses aromes. Ensuite, dans une petite théière, on met beaucoup de thé et on verse l’eau chaude dessus. Puis on la jette, on ne boit jamais la première eau. Ensuite, on remet de l’eau, on laisse infuser quelques minutes (pas plus), et on le sert dans des mini bolinets, en le filtrant à traver un petite passoire en céramique. Le thé est ainsi très infusé, mais sans amertume, et a pu exhaler tous ses arômes. Un délice ! Blanc, noir, vert, fermanté, roulé, en galètes compactées, en boule, en boite, au jasmin… Les plaisiers peuvent être variés.

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Le bolinet en question

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En goutant avant, bien entendu 🙂


Une ville ambivalante
Nous passerons plusieurs jours chez nos hôtes avec qui nous passons des soirées super interéssantes, mais la journée, nous arpentons les rue de la ville. Et les souterrains du métro. C’est très vivant ! Il y a toujours du monde de partout, des échoppes ouvertes à toute heure, des vendeurs de rue, à l’ombre des gratte-ciels immenses. Mais on y trouve aussi des zones très calmes, comme les parcs, les salons de thé, ou ce petit boui-boui terrasse ou nous pouvons prendre un un petit-déjeuner à deux pas de la place Tiananmen en toute quiétude.

Et parmi ces endroits très calmes, il y a les fameuses « hutongs ». Ce sont des rues étroites bordées de maisons sommaires qui constituaient une grande partie du centre de Beijing jusqu’à il y a une dizaine d’années. Pour les Jeux Olympiques, le gouvernement a jugé qu’elles étaient peu présentables aux yeux des honorables visiteurs venant des 4 coins du monde, et qu’elles genaient pour construire certaines installations sportives ou routes pour y accéder, et en a donc fait raser une bonne partie, relogeant leurs habitants dans des tours immenses. Il en reste malgré tout un peu, et de 2 sortes :

– les hutongs « touristes friendly », aménagées, propres, avec de multiples boutiques de souvenirs et montrant un peu des bâtiments typiques du siècle dernier ; elles n’ont hélas que peu de rapport avec les hutongs originelles. En effet, celles qui ont été conservées ont été choisies parmi les plus bourgeoises. Ce sont donc maintenant des quartiers très hupés à l’inverse des hutongs traditionnelles peuplées principalement de gens issus de classes populaires

– les hutongs « normales », avec leurs habitants d’origine cette fois-ci, beaucoup plus rustiques, plutôt calmes en général et qui s’animent tantôt aux heures de pointe. Elles sont parfois remplies de deux-roues en tout genre (ici, on peut trouver des vélos), de vendeurs de rue, de bric à brac, et il peut devenir difficile d’y circuler. Un peu anarchique, mais on aime bien ça ! En plus, les vendeurs de rue nous font des remises avec le sourire quand il voient qu’Anabelle parle chinois. 🙂

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Calirgaphie éphémère à l’eau dans les parcs
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Quiétude qui tranche avec l’agitation de la ville
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Hutong, gris et paisibe
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Où l’on peut encore apercevoir les dernières bicyclettes, qui attendent gentiment d’être remplacées par des scooters
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Quand on vous dit que c’est parfois anarchique !

A Beijing, nous visiterons des temples, la grande muraille, des parcs, mais cela c’est une autre histoire, qui vous sera contée très bientôt. Tout comme nos déplacements jusqu’a Xi’an, Guiyang et Kunming. A bientôt mes petits cyclo-bivouacqueurs ! (pour la référence c’est ici)

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*car oui, en France on censure la lutte contre l’évasion fiscale… : un podcast intéressant

Après ça si vous n’êtes pas convaincu qu’il faut changer la constitution…


16 réflexions sur “Arrivée en Chine, visite de Beijing

  1. ça yest ! des nouvelles consistantes! un gros ouf de soulagement de la communauté qui se demandait si vous l’aviez oubliée! mais ça vallait le coup d’attendre un peu.

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  2. Super…..de vous relire !!!! ….comme le dit pascal on trouvait le temps long !! Mais ça valait le coup !!! Bonne saint valentin les amoureux !!! Je pars voir lala land !!! Bisouuuu

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  3. J’ai passé mes vacances de Noël à rattraper mon retard sur vos premiers article. J’avoue que depuis j’étais un peu à sec 😉
    Merci pour celui-ci. De l’évasion derrière un écran 😉

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  4. Hello, merci pour les nouvelles.
    Je n’imaginais pas les chinois aussi curieux et venir vous voir et discuter comme cela.

    J’ai pensé à vous ce matin en voyant une vingtaine de ruches dans un champ au bord de l’Isère. A quand un article sur les abeilles, le miel du bout du monde?
    Avez vous pu en trouver, en goûter?

    Bises

    Christophe

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  5. Très heureuse de vous lire bien sûr !
    J’ai eu l’occasion d’accueillir chez moi des jeunes chinoise 4 ou 5 années de suite et nous avons eu l’occasion de bien échanger. Je retrouve un peu ce qu’elles me racontaient.
    A l’époque, je vivais partiellement au Maroc , et nous comparions les cérémonies de thé. En fait, le premier rinçage sert à « dépoussiérer » et faire gonfler le thé. Le 2e (au Maroc) sert à retirer l’amertume, mais il retire aussi en grande partie la théine.
    Quand je pense que la pollution a aggravé un problème de sinusite et que j’ai pratiquement enchaîné 4 sinusite en 3 mois… Cette chine n’est pas pour moi !
    Merci pour ce récit !

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    1. Merci pour ces compléments d’informations sur le thé ! Ce qu’on a oublié de préciser, c’est que contrairement au Maghreb et au Moyen Orient où il est souvent très sucré, ici cela serait un sacrilège d’y ajouter du sucre! 🙂

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