Moscou – Irkutsk : 4 jours dans le transsiberien

C’est un point phare de notre voyage, car, même si Loris l’a déjà pris il y a quelques années, Anabelle n’a jamais passé plus de 12h dans un train, et elle a très envie de vivre cette expérience. Il faut savoir, en effet, que contrairement à beaucoup de gens, on adore prendre le train pendant longtemps (on a trouvé que le trajet Saint Petersburg-Moscou est passé trop vite), et ça ne nous dérange pas du tout d’y passer 4 jours. On a absolument pas peur de s’ennuyer car on a pleiiiiiiin de choses à faire (lire, tricoter, écouter les pieds sur terre dont on a téléchargé plein d’épisodes, manger, écrire des articles, dessiner…).

Le kilomètre 0 du transsibérien, le grand départ pour l'Est
Le kilomètre 0 du transsibérien, le grand départ pour l’Est

Comment ça se passe en réalité ?

La montée dans le train est un peu stressante, car nous n’avons pas pris de billets pour les vélos (on avait demandé à une russe de regarder pour nous, et il n’en fallait pas), et le « contrôleur » (appelons-le comme ça, même s’il n’est pas chargé de contrôler les billets) nous fait savoir, en hurlant sur Loris en Russe, qu’il en faut. Pas de problème : Anabelle fonce vers la gare, affiche une tête désespérée en disant que son train va partir et qu’elle a besoin de « billeti bagaj », et on la fait passer devant la quinzaine de personnes qui attendaient pour lui faire ses tickets en un temps record ! Ouf !

Monter les vélos plus les 10 sacoches nous donne chaud, surtout que la température dans le train flirte avec les 30 degrés (soit un peu plus de 30°C d’écart avec dehors…) ! Une fois installés, on se met donc à l’aise : on ressort les affaires d’été et c’est parti pour 4 jours en short/tongs ! Ca fait bizarre d’être accoutré de la sorte en hiver en Russie…

Les pauvres canasssons coincés entre deux wagons...
Les pauvres canasssons coincés entre deux wagons…

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Le paysage qui défile par les fenêtres du train est inlassablement blanc, et quand on descend s’aérer un peu lors des arrêts « longs » (environ 30 minutes de pause plusieurs fois par jour), on enfile simplement une veste et une doudoune et on a donc un look assez improbable :

Le look à la mode dans l’Oural 😉

 

Très vite, on se rend compte qu’on n’aura pas le temps de faire tout ce qu’on avait prévu, car – et c’est tant mieux – on fait de chouettes rencontres ! Mohamed, un étudiant malien vient étudier 3 ans en Sibérie (c’est un peu la coqueluche du train, et de nombreux russes  veulent se prendre en photo avec lui. Pour l’instant, il parle russe à peu près aussi bien que nous (c’est-à-dire pas du tout…), et pas anglais non plus (je pense qu’on peut dire qu’il est courageux ! :)). Il est donc très content de tomber sur des français. On passe donc une grande partie des 3 premiers jours en sa compagnie, à discuter du Mali, de sa famille qui voulait le marier, de la bouillie qui lui manque… On essaie aussi de pratiquer notre russe. On fait aussi la connaissance d’un russe professeur d’anglais (une aubaine car les russes anglophones sont rares) très bavard et très sympa.

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Heureusement, discuter n’empêche pas de tricoter et Anabelle peut donc finir son écharpe. Mais on n’a donc peu de temps pour lire, sauf la nuit car on n’arrive pas bien à dormir. En effet, comme on avance vers l’Est, le jour se couche de plus en plus tôt, et les heures se décalent sans que le sommeil arrive… Et puis, c’est plutôt confortable, mais ça bouge et ce n’est pas des plus tranquilles.

Notre voisin de couchette, Marat, avec qui nous discutons par l’intermédiaire de notre application de traduction

A quoi ça ressemble dedans ?

Nous voyageons en 3ème classe (platska), il n’y a donc pas de compartiments. Comme dans un train ordinaire, il y a un couloir, de part et d’autre duquel se trouvent d’un côté des banquettes qui se font face par 2, séparées par une table, et surmontées par une couchette et une étagère à bagage ; et de l’autre côté des sièges qui se font face par 2, la table qui les sépare pouvant se retourner pour transformer le tout en couchette, et également surmontés d’une autre couchette. Ce n’est pas clair ? Voyez plutôt :

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Le long couloir qui mène jusqu’à l’eau chaude
Tricot sur notre banquette inférieure
Tricot sur notre banquette inférieure

Et puis, en plus des voyageurs normaux, on y croise beaucoup de militaires, souvent très jeunes, qui partent dans les bases de sibérie. Il faut dire que cela ne change pas forcément des villes qu’on à visitées, où l’on croisait régulièrement des régiments (vraiment (!)) sur les trottoirs. L’uniforme est très présent en Russie…

Comment se lave-t-on ?

Le wagon dispose de deux salles de bain tout confort toilettes comme celles qu’on peut trouver dans les vieux TER. Cela permet donc de faire ses besoins, de se changer et de faire une petite toilette de chat. Mais bon, comme on ne fait pas trop d’activités physique, ça va.

Comment se fait-on à manger ?

Il y a, en face de la loge de la Provodnitsa, un gros réservoir d’eau bouillante. On peut donc aller se servir en eau chaude à loisir, et c’est tout ce dont on dispose pour faire chauffer nos aliments. Autant dire que dans le transsibérien, on ne fait pas de la grande cuisine ! Le plus souvent, à midi, c’est pique-nique : pain + fromage, pomme, chocolat. Le soir, on fait une soupe de nouilles instantanées qu’on agrémente de carottes, oignons, petits pois…

Beaucoup de gens ne mangent que des nouilles instantanées, mais certains ont fait des réserves comme nous et d’autres achètent des choses à la dame du wagon-restaurant, qui passe dans le wagon 3 fois par jour, ou aux marchands sur les quais lors des pauses plus longues. Ces marchands vendent notamment beaucoup de poisson séché.

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La Provodnista, kesako ?

Dans tous les trains russes, une à deux personnes par wagon sont chargées de vérifier les billets, faire monter les voyageurs, et s’assurer que tout va bien dans le train. Ce sont en général des femmes (on n’a pas vu d’homme faire ce métier) et dans le transsibérien, elles sont deux pour pouvoir se relayer. A notre descente à Irkutsk, elles sont descendues nous dire au revoir sur le quai. Il faut dire que des voyageurs à vélo en hiver en Sibérie, c’est un peu l’attraction !

Et le prix dans tout ça ?

C’est un peu une particularité de la Russie, les transports en commun ne coutent pas cher du tout, comme en témoigne le prix du ticket de métro le plus cher de Russie à Moscou : 50 Roubles… (soit 0,60€). Du coup, pour parcourir nos 5153km, nous en avons eu pour 80€ chacun (+3€ pour chaque vélo). On vous laisse faire le calcul, cela ne fait pas cher du kilomètre.

 


10 réflexions sur “Moscou – Irkutsk : 4 jours dans le transsiberien

  1. Ce récit sur le transsiberien est passionnant. On sent que vous aviez un peu plus de temps pour le rédiger et que vos qualités narratives se développent. On vous suit avec beaucoup d’intérêt. Eric T.

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  2. Grippée devant mon feu j’ai beaucoup de plaisir à rêver avec vous en vous lisant
    Bravo d’aller au bout de vos rêves
    Et vous pourrez toujours écrire un livre à votre retour…😘

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  3. Nous venons d’avoir une conversation avec les parents d’Annabelle.Pascal nous à driver pour la com. sur votre Blog.A cette occasion tous nos vœux pour 2017 et bonne réussite dans la visite des pays . En France nous avons eu une vague de froid tout le mois de janvier (-10 à -15°C) sans oublier l’épisode neigeux (20cm). Aujourd’hui la fonte s’accélère et le temps passe à la pluie.
    Vincent vit à La Fare les Oliviers petit village à proximité d’Aix en Provence. depuis Mai 2015 il est papa d’un petit Louis. Amélie travaille dans un salon dont elle prendra la gérance dans le courant du mois de Février. Depuis le 1re janvier 2017 je suis retraité des automobiles PEUGEOT.
    Quand je vois vos photos enneigées, je pense à mes déplacements en Finlande . La beauté des paysages… de véritables cartes postales.mais aussi à la rudesse du climat -32 -35°C.
    Dans l’attente de vous lire Nous vous souhaitons un bon séjour au LAOS qui je crois doit être votre terre d’accueil en ce moment.
    Bises à tous les 2
    Joëlle et jeanmi

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