Les vaccins

Vaste sujet, qui nous a beaucoup énormément fait réfléchir. On s’est posé des tas de questions, on a fait des recherches, lu des pages wikipédia, regardé des cartes avec les risques de maladies par pays, par région, pris rendez-vous au centre de vaccination international du Tonkin, contacté des gens, questionné notre entourage.

Résultats: nous faisons tout ce qu’il ne faut pas faire. Voyage en vélo, en zones rurales et, en prime, avec des bivouacs en pleine nature.

Après tout ça, on n’avait toujours pas envie de se faire vacciner. En effet, moins on donne d’argent à Sanofi, et moins on a d’aluminium dans le corps, mieux on se porte.

Du coup, on est allé à notre rendez-vous à la médecine du voyage assez sereins, se disant qu’on en ferait le moins possible.

Après ce rendez-vous, on n’avait plus vraiment envie de partir en Asie du Sud-Est.

Au centre du Tonkin, tout est mis en œuvre pour qu’on s’inquiète au maximum. On est accueilli dans une pièce dans laquelle une carte du monde et des épidémies est affichée au mur, tandis qu’un écran immense passe en boucle des conseils aux voyageurs type: « Pour éviter les piqûres de moustiques, habillez-vous dans des vêtements amples et clairs, vous couvrant complètement même si il fait 45°, imbibés d’insecticides et étalez-vous du poison sur tout le corps »,  « Ne sortez pas à la tombée de la nuit, surtout regardez les couchers de soleil par la fenêtre », « Ne marchez pas sans vos chaussures de randos sur une plage », « Ne vous baignez jamais en dehors de la piscine de votre hôtel »… En bref, que de bons conseils pour passer d’excellents moments 😉 .

Lors de l’entretien avec l’infirmier (très antipathique), où tout est fait pour qu’on pense que c’est un médecin – on a rien contre les infirmiers, mais plus contre la malhonnêteté- on apprend qu’on devra se faire vacciner contre l’hépatite A, la rage, l’encéphalite japonaise, la typhoïde, et aussi mettre à jour les vaccins du calendrier vaccinal français, soit DTPcoq (!), hépatite B (!), ROR (!). Le fait que seul le DTP soit obligatoire en France ne l’effleure pas, et nous sommes qualifiés d’irresponsables de ne pas les avoir faits plus tôt (coq, hépatite B, ROR). Nous échappons seulement à la fièvre jaune (seulement présente en Amérique du sud et en Afrique) et à l’encéphalite à tiques. Cerise sur le gâteau, il est incapable de  nous donner les tarifs des vaccins… ce sera la surprise au moment de passer à la caisse !

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Suite à ce rendez-vous, nous reprenons notre réflexion, re-consultons les sites internet qui indiquent les occurrences, les conséquences… de chaque maladie. Comme nous ne sommes pas encore convaincus que manger des légumes crus pourrait nous empêcher de choper la rage, nous décidons de retourner au centre et de nous faire vacciner dans un premier temps contre la rage, l’hépatite A et l’encéphalite japonaise. Pour les autres, nous verrons plus tard.

Pourquoi ces 3 vaccins ?

RAGE : les chiens (et autres animaux) errants risquent d’être bien présents tout au long de notre parcours, notamment en Asie. De plus, ces petites bêtes aiment, parait-il, s’attaquer aux cyclistes. Sachant que non vacciné, on a environ 24h pour aller se faire injecter la première dose du vaccin, qu’il faudra se faire injecter en tout 5 fois, et que les conséquences de la maladie sont… la mort (dans 100% des cas sans traitement), on s’est dit que c’était un inévitable. Bon à savoir : même vacciné, il faut à nouveau se faire inoculer 2 doses du vaccin si on est mordu, mais on a un peu plus de temps… et pas besoin d’un anti-coagulent qui, a priori, n’est pas forcément disponible partout dans le monde.

ENCÉPHALITE JAPONAISE* : cette maladie est transmise par des moustiques qui piquent de jour. Les probabilités qu’elle soit grave (paralysie due à la colonisation d’une partie du cerveau) sont de 1/250, et dans 1/4 des cas graves elle est mortelle (pour faire vite)… Un savant calcul vous permettra de définir la mortalité de la maladie ce qui est quand même flippant!

*Après, on nous a dit qu’on aurait pas forcément été obligé de la faire, parce qu’on sera dans la zone de contamination à la saison « sèche », époque où les moustiques sont moins actifs. Mais bon, comme on est pas à l’abri d’une crevaison, peut-être qu’on se décalera un peu dans la saison qui craint ; et quand même, 1/1000 (le résultat est lâché) si on se fait piquer par un moustique porteur, c’est élevé, même si on à l’intention de s’en protéger (des moustiques ET des crevaisons) !

HÉPATITE A : A priori pas mortelle, mais les conséquences peuvent être handicapantes (foie et appareil digestif abimés…) voire graves. Surtout, on s’est dit que si on la choppait et qu’on devait être rapatriés pour se soigner, on serait dégoutés.

Après avoir fait ces 3 premiers vaccins, on a rencontré des voyageurs qui avaient fait à peu près le même tour que ce qu’on veut faire. Du coup, on leur a demandé conseil, et ils nous ont dirigé vers le centre de vaccination internationale de la Croix Rousse, qui, d’après eux, ne poussait pas à se faire vacciner et pratiquait des tarifs bien en dessous de ce qu’on avait eu. Nous avions choisi le Tonkin pour la proximité mais si on avait su plus tôt qu’un service public nous proposait le même service sur Lyon, on aurait probablement commencé l’entrainement aux côtes en vélo plus tôt… Nous nous sommes un peu fait avoir comme des débutants…

110309371_oNous avons donc pris rendez-vous là-bas, et avons effectivement été rassurés. Le médecin (beaucoup moins antipathique) nous a quand même conseillé de nous faire vacciner contre la typhoïde pour les mêmes raisons que l’hépatite A. En effet, si faire du vélo avec une pause toilette 3 fois par jours est possible, 10 à 15 pauses toilettes ultra « déshydratantes » l’est beaucoup moins. Par contre il nous a dit que nous n’avions absolument pas besoin de faire l’hépatite B, étant donné que cette maladie se transmet par le sang et les relations sexuelles (comme le SIDA) et que nous n’avions pas l’intention de participer à des congrégations (au sens apicole du terme) ou de nous faire tatouer dans les zones à risques . Il nous a dit que nous pouvions emporter quelques aiguilles, dans le cas où nous aurions besoin de piqûres et que les conditions d’hygiènes ne seraient pas top, mais n’était pas inquiet. Pour la coqueluche et le ROR, il nous a confirmé que c’était loin d’être indispensable, contrairement à ce qu’on nous avait laissé croire au Tonkin. Il a juste vérifié que le DTP était à jour. Ouf.

Dernier épisode : notre copine Jess nous a fait le vaccin contre la typhoïde que nous avions acheté en pharmacie**. Merci Jess !


À suivre : la trousse de toilette, et la trousse à pharmacie!

** Pensez à bien comparer les prix entre les pharmacies, ils peuvent varier du simple au double !